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2022

Une nouvelle présidente à la tête du Conseil de l’Eglise protestante (EKD) outre-Rhin

Janvier 2022
Annette Kurschus, pasteure et théologienne protestante allemande, présidente de l’Église protestante de Westphalie depuis 2011, a été élue pour six ans à la tête du Conseil de l’Église (...)

  • Janvier 2022

Annette Kurschus, pasteure et théologienne protestante allemande, présidente de l’Église protestante de Westphalie depuis 2011, a été élue pour six ans à la tête du Conseil de l’Église protestante allemande (EKD) le 9 novembre 2021 (avec une majorité de 126 voix sur 139 dès le premier tour). C’est la deuxième fois – après Margot Käßmann - que l’Église protestante d’Allemagne est dirigée par une femme. Annette Kurschus a défini les priorités qui attendent l’EKD dans les mois à venir, parmi lesquelles les violences sexuelles. 942 cas d’abus sexuels ont été recensés à ce jour au sein de l’Église protestante allemande (EKD) depuis sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La direction de l’EKD a été critiquée ces derniers mois par des victimes d’abus sexuels sur la façon dont elle a géré jusqu’à présent ces questions (montant des indemnisations, choix des experts, participation insuffisante des victimes, etc.). Une nouvelle commission permanente doit désormais traiter ce dossier. Chacune des vingt Églises locales (Landeskirchen), membres de l’EKD, peut prendre les initiatives qu’elle souhaite en la matière.

Voir Frankfurter Allgemeine, ZDF.de, Der Tagesspiegel.

D 5 janvier 2022    ASylvie Toscer-Angot

Le paysage confessionnel et convictionnel au sein de la nouvelle coalition gouvernementale

Janvier 2022
Pour la deuxième fois dans l’histoire de la RFA depuis 1949, un chancelier allemand a prêté serment sans prononcer la formule traditionnelle : « Que Dieu me vienne en aide » (« So wahr (...)

  • Janvier 2022

Pour la deuxième fois dans l’histoire de la RFA depuis 1949, un chancelier allemand a prêté serment sans prononcer la formule traditionnelle : « Que Dieu me vienne en aide » (« So wahr mir Gott helfe »). Olaf Scholz (SPD), chancelier nouvellement élu, suit ainsi l’exemple de son prédécesseur social-démocrate à la chancellerie, Gerhard Schröder (1998-2005). Les 5 ministres du parti des Verts, ainsi que la ministre de la coopération économique, Svenja Schulze (SPD) et le chef de la chancellerie, Wolfgang Schmidt (SPD) se sont également abstenus de toute référence à Dieu. À l’inverse, la majorité des ministres sociaux-démocrates et les quatre ministres libéraux (FDP) ont invoqué Dieu lors de leur prestation de serment, comme Christian Lindner, le président des libéraux (FDP), alors même qu’il a quitté officiellement l’Église catholique à l’âge de 18 ans.

Olaf Scholz est, du reste, le premier chef de gouvernement de la RFA à se déclarer sans confession, même s’il reste marqué par les valeurs de l’Église protestante qu’il a quittée il y a quelques années. Près d’un tiers des ministres de la nouvelle coalition « Feu tricolore » sont protestants. C’est le cas du ministre des transports et du numérique, Volker Wissing (FDP), de la ministre de la construction et du logement, Klara Geywitz (SPD), de la ministre de la défense, Christine Lambrecht (SPD) et du ministre du travail et des affaires sociales, Hubertus Heil (SPD). De son côté, la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock (parti des Verts), membre de l’Église protestante, s’est déclarée non croyante. Parmi les ministres catholiques du gouvernement figurent la ministre de l’intérieur, Nancy Faeser (SPD), le ministre de la santé, Karl Lauterbach (SPD) - sorti de l’Eglise catholique à la suite des scandales sexuels révélés ces dernières années-, le ministre de la justice, Marco Buschmann (FDP), et la ministre de l’éducation, Bettina Stark-Watzinger (FDP). Quant au ministre fédéral de l’agriculture, Czem Özdemir (parti des Verts), d’origine turque et de culture musulmane, il a déclaré qu’il n’était pas pratiquant. La nouvelle coalition apparaît ainsi représentative du recul de l’influence des Eglises chrétiennes au sein de la population allemande.

Le président de la conférence épiscopale allemande, Georg Bätzing, a salué le fait que les Églises et leurs représentants aient toute leur place dans le contrat de coalition. Quant au Comité central des catholiques allemands (instance officielle de représentation des laïcs au sein de l’Église catholique en RFA), il a fait savoir qu’il observerait d’un œil critique le travail du nouveau gouvernement sur les questions éthiques (cellules souches embryonnaires, début et fin de vie, avortement…), laissant augurer certaines tensions à venir.

Voir : BR24 et Evangelische Kirche in Hessen und Nassau.

D 5 janvier 2022    ASylvie Toscer-Angot

La gestion des abus sexuels au sein de l’Église catholique dans le diocèse de Cologne

Juillet 2022
Le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne depuis 2014, a confié, en décembre 2018, au cabinet d’avocats indépendants Westphal-Spilker-Wastl (WSW) de Münich le soin de (...)

  • Juillet 2022

Le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne depuis 2014, a confié, en décembre 2018, au cabinet d’avocats indépendants Westphal-Spilker-Wastl (WSW) de Münich le soin de réaliser une enquête sur la manière dont les autorités diocésaines avaient traité les cas d’abus sexuels dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018. Au printemps 2020, il a refusé de rendre public ce rapport, justifiant sa décision par des failles juridiques, certains prêtres ou responsables catholiques étant nommément cités dans ce rapport.

Cette décision ayant été fortement critiquée, un second rapport, a été commandé par Rainer Maria Woelki à un autre cabinet d’avocats et finalement publié en mars 2021. Cette expertise met en cause les manquements de prêtres ou de responsables catholiques n’ayant pas signalé des abus sexuels sur mineurs dans le diocèse de Cologne à la fin des années 1970 et ayant ainsi contrevenu à leur devoir au regard du droit canonique.

Face aux tensions dans le diocèse de Cologne, le pape François a décidé en mai 2021 d’y envoyer deux visiteurs apostoliques, les atermoiements autour de la crise des abus ayant sapé la confiance de bon nombre de fidèles envers le cardinal Rainer Maria Woelki. Ce dernier s’est finalement mis en « pause spirituelle » avec l’accord du pape François de septembre 2021 jusqu’au début du carême en mars 2022. A l’issue de cette période, il a repris ses fonctions, tout en précisant qu’il avait présenté sa démission au pape début mars. À ce jour, le cardinal Woelki est toujours en exercice, le pape ayant exprimé le souci de prendre son temps, afin de ne pas réagir sous la pression.

Du reste, des révélations issues d’un rapport relatif à la gestion des violences et abus sexuels dans le diocèse de Munich-Freising, également réalisé par le cabinet d’avocats Westphal-Spilker-Wastl, publié le 20 janvier 2022, ont mis en cause plusieurs évêques, dont Joseph Ratzinger, l’ancien pape Benoît XVI, pour leur gestion des abus sexuels envers des mineurs au sein de l’Église catholique.

Pour en savoir plus, voir : Deutschlandfunk, RP online, Frankfurter Allgemeine Zeitung.

D 25 juillet 2022    ASylvie Toscer-Angot

Rappel à l’ordre du Vatican vis-à-vis des tentatives de réformes de l’Église catholique en Allemagne

Juillet 2022
Le « chemin synodal » entamé conjointement en 2019 par la Conférence épiscopale allemande et le Comité central des catholiques allemands à la suite du traumatisme provoqué par les (...)

  • Juillet 2022

Le « chemin synodal » entamé conjointement en 2019 par la Conférence épiscopale allemande et le Comité central des catholiques allemands à la suite du traumatisme provoqué par les révélations sur les violences et les abus sexuels au sein de l’Église catholique outre-Rhin a abouti à des propositions de réforme relatives aux structures de pouvoir, à la prêtrise et au rôle des femmes, remettant ainsi en question l’enseignement traditionnel de l’Église catholique. Ces tentatives de réformes au sein du catholicisme allemand font l’objet de vives critiques de la part du Vatican, qui a sommé l’Église catholique de ne mettre en oeuvre aucune réforme de manière unilatérale, rappelant que le « chemin synodal » n’était pas habilité à imposer de nouvelles formes de gouvernance et de nouvelles orientations en matière de doctrine et de morale.

Le président de la Conférence épiscopale allemande Georg Bätzing et la présidente du Comité central des catholiques allemands (ZdK) Irme Stetter-Karp ont déploré le manque de communication directe entre le Vatican et le « chemin synodal », dans la mesure où la déclaration de Rome n’était pas signée, mais indiquait simplement qu’elle émanait du Saint-Siège, qui refuse toujours d’avoir un entretien avec des représentants du Comité central des catholiques allemands (ZdK).

L’évêque d’Augsbourg, Bertram Meier, connu pour ses positions contre l’ordination des femmes, a salué de son côté le rappel à l’ordre du Vatican. La majorité des deux tiers nécessaire, au sein de la Conférence épiscopale allemande, pour l’adoption des réformes a peu de chances d’être atteinte, d’où le risque majeur de compromettre ces tentatives de réformes inédites.

Pour en savoir plus, voir : Westdeutsche Zeitung et Tagesschau.

D 26 juillet 2022    ASylvie Toscer-Angot

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