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Le bouddhisme en France

Introduit par les immigrés asiatiques au début du XXe siècle et en plein essor entre les années 1960 et 1990, le bouddhisme, en tant que religion pratiquée, s’est bien installé dans le paysage religieux français contemporain. Pourtant, il reste encore une religion très minoritaire. Selon une enquête TNS-Sofres publiée en 2007, 1% de la population française âgée de 15 ans ou plus se réclame du bouddhisme. L’enquête de 2018 sur les valeurs des Français fournit cependant des résultats moins optimistes, puisqu’elle soutient que moins de 0,5% des Français de plus de 18 ans s’identifient comme bouddhistes ou hindouistes, soit quelques 250 000 à 300 000 personnes. Selon les estimations de l’Union bouddhiste de France et de certains chercheurs, depuis la fin des années 2000 il pourrait exister entre 300 et 400 lieux de culte d’orientation bouddhique, adoptant des statuts juridiques très variés. Si un nombre restreint d’organismes s’enregistrent en tant que congrégation religieuse ou association cultuelle, la majorité opère dans le cadre associatif de la loi 1901.

Le bouddhisme en France est marqué par une grande diversité, tant du point de vue des courants que des pays d’origine, ou des modes d’organisation. Les traditions mahāyāna, hînayâna et vajrayāna s’y trouvent toutes représentées, et leurs adeptes maintiennent des échanges intensifs avec l’aire culturelle couvrant toute l’Asie de l’est et du Sud-est. Si le zen japonais et les écoles tibétaines jouissent d’une visibilité médiatique évidente, les groupes d’origine sud-est asiatique et chinoise, des monastères aux cercles laïcs, ne sont pas moins actifs. D’autre part, la vénération de divinités bouddhiques se fait également dans des espaces religieux dépourvus d’une identité exclusivement bouddhiste, ce qui est particulièrement vrai dans le cas de l’immigration chinoise qui hérite d’une longue tradition de pluralité religieuse. Enfin, certains nouveaux mouvements religieux qui s’auto-identifient comme bouddhistes, ou qui empruntent des discours et pratiques bouddhiques, se sont implantés en France. Pour l’ensemble de ces groupes, la construction d’un réseau transnational est favorisée par le développement rapide des nouvelles technologies.
Malgré l’engagement de dizaines de milliers de Français de souche dans le bouddhisme, ce dernier reste une religion ethnique sur le plan démographique, puisque la plupart des bouddhistes français sont d’origine asiatique et représentent jusqu’aux trois-quarts des laïcs. Il s’agit pourtant d’une religion relativement accessible, qui insiste sur sa nature universelle, et n’exige pas forcément de ses pratiquants une conversion institutionnelle. Sauf cas exceptionnels, les lieux de culte sont d’ailleurs ouverts à toutes et tous, en particulier le weekend et au moment des fêtes.
La zone d’influence du bouddhisme s’étend par ailleurs au-delà de la simple diaspora asiatique, ce qui s’observe notamment dans l’intégration de certaines notions comme la réincarnation, le karma ou la non-violence au réservoir commun de références symboliques des Français.

D 1er mars 2021    AZhe Ji

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