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juin-septembre 2021

  • Juin 2021 : Un sondage sur la confiance en l’Église orthodoxe roumaine

Selon un sondage publié en juin 2021, 64 % des personnes interrogées ont déclaré avoir une grande confiance dans l’Église. La première réponse citée, avec un pourcentage de 69,7, est l’armée. On trouve ensuite l’académie roumaine avec 53,7 %, et l’Union européenne avec 51,1 %. 30 % des Roumains de la diaspora ont communiqué avec les Églises de leurs communautés.
Une recherche sociologique intitulée « Communication avec les Roumains de partout », menée par RePatriot, montre que 30 % des Roumains de la diaspora ont pu communiquer avec les Églises de leurs communautés.
L’enquête a inclus des Roumains de 31 pays, partant depuis plus de 10 ans, de presque tous les comtés de Roumanie.
RePatriot est une communauté créée comme une plate-forme d’inspiration, de conseil et d’information qui vise à faciliter les opportunités de retour dans le pays aux Roumains vivant à l’étranger.

  • Juin 2021 : La réaction des dénominations religieuses en Roumanie concernant le rapport Matić

Le rapport Matić (La santé et les droits génésiques et sexuels dans l’Union, dans le cadre de la santé des femmes), adopté au Parlement européen le 24 juin 2021, traite de plusieurs sujets controversés : il vise à favoriser l’avortement, critique le droit du personnel médical à l’objection de conscience, encourage l’éducation sexuelle obligatoire pour les enfants de l’école primaire, et promeut les idéologies de genre (qui disent que le genre masculin ou féminin n’est pas lié au sexe biologique, mais est une question de choix de la personne).

Les groupes religieux en Roumanie ont pris position, à la fois avant et après l’approbation du rapport. Parmi les plus notables figurent les suivants :
L’Église orthodoxe roumaine a réagi par sa représentation auprès des institutions européennes, qui a déclaré que le rapport Matić amplifie les divisions au sein de l’Union européenne sur des questions sensibles, qui devraient être réglementées exclusivement en interne par chaque État membre, selon le document fondateur de l’Union. « La représentation de l’Église orthodoxe roumaine auprès des institutions européennes note avec regret ce résultat, signe d’une tendance croissante à remplacer, au niveau européen, une véritable politique de promotion des droits fondamentaux des citoyens — tels que le droit à la vie, à la liberté de conscience ou de droits parentaux — par des idéologies choquantes qui ignorent les besoins et les problèmes réels, tout en amplifiant les divisions entre les personnes, les cultures et les États dans l’Europe d’aujourd’hui. »

L’Église catholique en Roumanie, à travers un communiqué du président de la Conférence des évêques catholiques de Roumanie, a appelé « tous les députés européens de Roumanie à prendre en compte la sensibilité et la complexité de la question, notant que, bien que des besoins tels que les soins maternels, l’accès à l’hygiène, l’arrêt de la violence à l’égard des femmes, l’accès aux vaccins soient mentionnés, le rapport Matić est clairement en faveur de la promotion d’un agenda idéologique contre le droit à la vie et le droit des parents de se prononcer sur l’éducation que reçoivent leurs enfants ». Il a également réitéré la position sur le rapport Matic de la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne (COMECE), publiée le 17 juin 2021.

Dans une déclaration publiée le 25 juin 2021, l’Église adventiste du septième jour estime que le rapport Matic « viole de manière flagrante à la fois les valeurs chrétiennes européennes et les principes fondamentaux de la Bible » et « conteste les initiatives législatives qui vont à l’encontre de la morale chrétienne basée sur la Bible, une valeur fondamentale du christianisme et de la dénomination adventiste ».

  • Juin 2021 : Les dénominations religieuses s’opposent au caractère obligatoire de l’éducation sexuelle dans les écoles

Le Sénat roumain a approuvé le 22 juin 2021, sous une forme plus ancienne (conformément à la position des confessions religieuses), la loi par laquelle l’éducation sexuelle sera introduite à l’école (p. 10) dans un cours d’« éducation pour la vie », à partir de l’année scolaire 2021/2022. Les parents qui ne sont pas d’accord pourront retirer leurs enfants, comme c’est le cas pour les cours de religion.

À cette occasion, les confessions religieuses en Roumanie ont réitéré leur désapprobation face à l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles et surtout de son éventuel caractère obligatoire.

Les représentants de l’Église orthodoxe roumaine ont déclaré que « l’éducation sexuelle est devenue l’objet de grandes pressions des ONG, ignorant ou sapant notamment la volonté des parents et leurs droits constitutionnels de décider de l’éducation de leurs propres enfants ». Ils ont également ajouté que l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles vise à affaiblir le rôle de l’Église dans la société et à détruire le concept traditionnel de la famille, et qu’il représente l’expression « de la lutte contre le sens commun menée avec une persévérance accentuée […] par des idéologues (néo)socialistes avec des racines marxistes-léninistes ».

Le Patriarcat roumain, à l’occasion de la dernière réunion de travail du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine, a réaffirmé sa position sur « le maintien du caractère facultatif des cours visant à “l’éducation pour la vie” et met en garde contre les risques d’une “éducation sexuelle” avec un contenu idéologique contraire aux valeurs de la famille chrétienne et inapproprié à l’âge des enfants ».

La Conférence des évêques catholiques de Roumanie a annoncé depuis février qu’elle soutenait la nécessité du consentement parental pour les cours d’éducation sexuelle.

  • Juin 2021 : La réaction de l’Évêché orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal aux initiatives législatives ciblant les personnes LGBT en Espagne

Le gouvernement espagnol a approuvé le 29 juin le projet d’une loi permettant à toute personne de plus de 14 ans de changer légalement de sexe sans diagnostic médical.
L’évêché orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal a exprimé son inquiétude au sujet de ce projet de loi dans un communiqué réitérant son allégeance « aux deux millénaires de christianisme au cours desquels l’amour sacrificiel et la liberté responsable sont prêchés, confessant la conviction que l’identité la plus précieuse des personnes est celle des fils et des filles de Dieu. Dans l’orthodoxie, nous cultivons la transfiguration, non la défiguration de l’homme, et nous aspirons à la déification de la nature humaine ».

  • Juillet 2021 : Le Patriarcat roumain et la vaccination anti-Covid-19

Un haut responsable roumain a proposé un partenariat entre le gouvernement et l’Église orthodoxe roumaine pour la campagne de vaccination, mentionnant qu’en Grèce, après une telle approche, le taux de vaccination a atteint 50 %.

En réponse, le porte-parole du Patriarcat roumain a mentionné que « l’Église orthodoxe roumaine a déjà affirmé et rendu explicite sa position favorable, naturelle et claire sur l’acte de vaccination en cas de pandémie, exhortant le clergé et les laïcs à vraiment prendre la maladie au sérieux, à être parfaitement informés à partir de sources véritablement crédibles, à consulter les médecins et mettre ainsi en place une option bien fondée en lien avec un acte médical dont dépendent leur santé et leur protection ainsi que celles de leurs proches ».

Il a ajouté, cependant, que « l’implication des groupes religieux dans une démarche de persuasion sur un sujet extra-religieux et dans une problématique dans laquelle seule la compétence médicale est adéquate et pertinente, ne peut transgresser les limites de ce contexte ».

  • Août 2021 : Le Patriarcat roumain réagit à la rubrique « genre » sur les nouvelles cartes d’identité

Dans le cadre des débats publics sur l’introduction des cartes d’identité électroniques, qui, à la différence des anciennes cartes d’identité, porteront la rubrique « genre » au lieu de la rubrique « sexe », les représentants du Patriarcat roumain ont souligné que le terme « genre » « n’a rien à voir avec l’identité biologique de la personne qui reçoit ce document, mais seulement avec l’idéologie récente du transgenre qui commence à pénétrer comme un gaz toxique dans les interstices de l’espace public roumain ». En réponse, le ministère de l’Intérieur a déclaré que dans la traduction du règlement européen, « gender » signifie « genre », et aussi que la décision du gouvernement sur les nouvelles cartes d’identité prévoit explicitement la mention qu’en Roumanie, « genre » signifie masculin et féminin.

  • Septembre 2021 : La réaction du Patriarcat roumain envers la résolution du Parlement européen sur les droits des personnes LGBTIQ dans l’Union européenne

Le Parlement européen a adopté, le 14 septembre, la résolution du Parlement européen sur les droits des personnes LGBTIQ dans l’Union européenne par laquelle il « insiste sur la nécessité, pour l’Union, d’adopter une approche commune pour la reconnaissance des mariages et partenariats homosexuels ; invite plus particulièrement les États membres à adopter toute législation utile pour garantir à toutes les familles le plein respect du droit à la vie privée et familiale sans discrimination et du droit à la libre circulation, y compris par des mesures facilitant la reconnaissance, pour les parents transgenres, du genre qui est le leur en droit ».

Par la même résolution, le Parlement « invite la Commission à prendre des mesures concrètes pour que toutes les familles, y compris les familles arc-en-ciel, puissent exercer la libre circulation, conformément à la jurisprudence dictée par l’arrêt Coman et Hamilton (Arrêt du 5 juin 2018, Coman, C‑673/16, ECLI:EU:C:2018:385), où il est précisé que le terme “conjoint” au sens de la directive relative à la libre circulation s’applique également au partenaire de même sexe ; demande à la Commission d’examiner si les États membres respectent l’arrêt Coman et Hamilton et de prendre des mesures au titre de l’article 258 du traité FUE contre ceux qui ne le respecteraient pas ; demande à la Commission d’engager une procédure en manquement contre la Roumanie pour non-respect prolongé dudit arrêt et absence de voies de recours ayant forcé le requérant à se tourner vers la CEDH pour obtenir réparation ».

Concernant cette décision du Parlement européen, le porte-parole du Patriarcat roumain a déclaré que « dans le domaine du droit de la famille et du mariage, les États membres de l’UE ont, et il est naturel d’avoir, une indépendance totale et absolue de légiférer. Par conséquent, la question de la reconnaissance obligatoire du mariage dit homosexuel dans l’ensemble de l’UE ne peut pas être soulevée. Il s’agit d’une construction politique démocratique, et non totalitaire ». Il a ajouté que la position des Églises chrétiennes, mais aussi des autres groupes religieux en Roumanie vis-à-vis du mariage reste celle « fondée sur la loi morale universelle » de « l’union entre l’homme et la femme ».

D 16 septembre 2021    AGabriel Birsan

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