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Royaume-Uni

  • 18 avril 2017 : Message de Pâques du Premier ministre sur l’importance de l’héritage chrétien

Le message de Pâques du Premier ministre Theresa May a suscité beaucoup de remous et de débats sur le rôle de la religion dans le gouvernement et pour l’identité nationale. Dans son discours, deux jours avant l’annonce des élections législatives, elle a fait quelques références à l’importance du christianisme et des valeurs chrétiennes, comme moyen de fédérer le pays après le Brexit :

« Pour Pâques, je pense à ces valeurs que nous partageons ; des valeurs que j’ai apprises dans ma propre enfance, en grandissant dans un presbytère. Des valeurs de compassion, de communauté, de citoyenneté. Le sentiment d’obligation que nous avons les uns envers les autres. Ce sont des valeurs que nous portons tous en commun, et des valeurs qui sont visiblement vécues chaque jour par les chrétiens, ainsi que par les personnes d’autres confessions ou aucune. »

Si « d’autres confessions et aucune » ont été évoquées au passage, il a été sous-entendu que les valeurs souhaitées sont considérées comme chrétiennes. Certains ont également estimé que cela sape les profondes divisions politiques au sein du pays après le référendum. L’ancien directeur de la communication travailliste, Alastair Campbell, l’a accusée d’insinuer que Dieu aurait voté pour quitter l’Europe.

Elle a également lancé un appel à la liberté religieuse et exhorté à « continuer à faire en sorte que les gens se sentent capables de parler de leur foi, ce qui inclut absolument leur foi en Christ ». Bien que la déclaration soit générale, elle a été lue comme suggérant que les chrétiens ne jouissent pas de la liberté religieuse en Grande-Bretagne. Des groupes de campagne laïques ont trouvé cela ridicule étant donné le statut protégé de l’Église d’Angleterre.

Quelques semaines auparavant, Theresa May s’était indignée d’une publicité de The National Trust, une chasse aux œufs en chocolat n’utilisant pas le mot « Pâques ».

Le 18 avril, le Premier ministre a appelé à la tenue d’élections générales le 8 juin. L’objectif est d’obtenir une majorité pour le Parti conservateur au parlement, à l’approche de la séparation de l’Union européenne en 2019.

Pour plus d’informations, y compris le discours complet, voir Huffington Post, I News and The Guardian.

  • 11 décembre 2013 : le plus haut tribunal du Royaume-Uni décide que la scientologie est une religion et que leurs membres sont autorisés à se marier dans leurs églises

Louisa Hodkin, une scientologue, qui souhaite épouser son fiancé dans une chapelle de l’Église de Scientologie au centre de Londres, porte son cas devant la Cour suprême et obtient gain de cause. Jusqu’à présent, l’officier de l’état civil n’autorise pas la chapelle à célébrer des mariages en vertu de la loi sur l’enregistrement des lieux de cultes de 1855. Mercredi, cinq juges de la Cour suprême rendent un jugement en sa faveur en annonçant que la chapelle de la scientologie est « un lieu de rencontre pour le culte religieux » et qu’une religion ne doit pas être réduite aux croyances impliquant une « divinité suprême », puisque ainsi d’autres confessions non-théistes, comme le bouddhisme, seraient exclues. Cette décision infirme une interprétation de la loi lors d’une affaire entendue par la Cour d’appel en 1970, interprétation qui se fonde sur l’absence de « vénération de Dieu ou d’un Être suprême » de la part de la scientologie. Alors que certains accueillent cette décision comme un signe d’égalité et de liberté religieuse, d’autres sont préoccupés par ses implications. L’inquiétude porte en particulier sur la question des exonérations sur l’impôt car cette organisation controversée pourrait désormais remplir les conditions requises pour en bénéficier. Brandon Lewis, le ministre du Gouvernement local, déclare que son ministère consultera ses conseils juridiques, mais que les locaux qui ne sont pas réellement ouverts au public seront toujours soumis à l’impôt foncier et ne pourront prétendre à l’allègement fiscal.

  • 10 octobre 2013 : en septembre et début octobre, débat dans la presse sur le port du niqab et autres voiles couvrant le visage dans les lieux publics

En septembre, un ministre du Home Office (ministère de l’Intérieur), Jeremy Browne (libéral-démocrate), a appelé à un débat national afin de déterminer s’il était du devoir de l’État d’intervenir afin d’empêcher que des jeunes femmes subissent des pressions ou soient forcées de porter un voile. L’intervention de J. Browne fait suite à une décision controversée du Birmingham Metropolitan College de mettre fin à l’interdiction de porter un voile intégral suite aux protestations générales. La liberté de religion est une valeur très importante en Grande-Bretagne et les différends portants sur le vêtement religieux sont généralement résolus au cas par cas. Certains accusent le Gouvernement de tenter d’introduire un débat national sur une question d’importance relativement mineure durant les assemblées afin de détourner l’attention de la presse et du public de la situation économique du pays. Néanmoins, dans certaines situations, le port du voile couvrant le visage soulève des inquiétudes relatives à la sécurité, aux droits religieux et à l’égalité d’accès à l’éducation et à l’emploi. Depuis l’appel au débat national, le débat sur le niqab dans la presse s’est tari, reflétant peut-être que seule une infime partie de la population porte ce vêtement.

Une vue d’ensemble de la situation et des différents arguments est disponible sur le site de the Guardian.

  • 23 juillet 2007 : bague de chasteté à l’école

Division Queen’s Bench. Regina Playfoot (une jeune fille) contre les gouverneurs de l’école Millais. M. Michael Supperstone, QC (Conseil de la Reine), présidait. Jugement du 16 juillet 2007.
Une jeune fille âgée de seize ans a porté son affaire devant la Haute Cour de justice, prétendant que son école aurait violé ses droits en vertu des articles 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion) et 14 (interdiction de discrimination) de la Convention européenne des droits de l’homme, incorporés dans le droit britannique par la loi sur les droits humains. Il a été jugé, toutefois, que le refus de son école de permettre à l’une de ses élèves de porter une bague de chasteté, démontrant son engagement à l’abstinence sexuelle avant le mariage, n’a pas violé son droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, protégé par la Convention européenne des droits de l’homme. S’il y avait eu une obligation pour elle à agir d’une manière spécifique, l’école aurait été obligée d’en tenir compte. Toutefois, la requérante n’avait pas d’obligation à porter la bague et l’arrêt conclut que l’acte de la porter n’était pas intimement lié à la croyance en la chasteté avant le mariage.

Voir « Purity ring is not intimately linked to religious belief ; Law report » dans The Times du 23 juillet 2007, page 49.

D 18 avril 2017    AIngrid Storm

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