eurel

Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

Tweeter Rss

Accueil > Allemagne > Données socio-religieuses > Appartenance et démographie religieuses

Appartenance et démographie religieuses

Catholiques et protestants 1950 – 2010

Bien que les Eglises en Allemagne aient beaucoup de membres, elles subissent une désaffection continue. D’après le sociologue Michael Ebertz (1998), l’évolution des appartenances aux Eglises en (...)

Bien que les Eglises en Allemagne aient beaucoup de membres, elles subissent une désaffection continue. D’après le sociologue Michael Ebertz (1998), l’évolution des appartenances aux Eglises en Allemagne se compose de quatre phases.
1. Depuis les années 1950 jusqu’au milieu des années 1960, les Eglises sont monopolistiques sur le marché religieux. Plus de 90% de la population sont membres des deux grandes Eglises.
2. Pendant la deuxième phase (de 1965 à 1980), la force d’intégration des Eglises a diminué et les milieux confessionnels commencent à s’affaiblir. Cette phase ouvre ce que les historiens appellent la fin du "deuxième siècle confessionnel" (Blaschke 2001).
3. Ce processus se renforce dans les années 1980, période également du vieillissement et de la féminisation des membres des grandes Eglises.
4. La réunification des deux Etats allemands en 1990 établit un partage en trois du pays du point de vue religieux et confessionnel : dès lors, la population se répartit entre 26 millions de catholiques, autant de protestants et 23 millions d’Allemands sans confession. Les personnes sans confession se concentrent à l’Est de l’Allemagne, où être sans confession est considéré comme aussi habituel qu’être catholique ou protestant à l’Ouest.

Trois causes contribuent à cet infléchissement continu : premièrement, le nombre d’enterrements excède celui de baptêmes depuis les années 1970. Deuxièmement, il y a plus de personnes qui quittent les Eglises que de personnes qui y entrent ou y reviennent. Enfin, il y a plus d’émigration que d’immigration de chrétiens.

Population totale, catholiques et protestants, 1960 - 2010

Année Population totale Catholiques Chiffres absolus % Protestants Chiffres absolus %
1960 55.433.000 25.804.000 46,5 28.529.000* 50,8*
1965 58.619.000 27.500.000 46,9 29.079.000 49,6
1970 60.651.000 28.951.000 47,7 28.378.000 46,8
1975 61.847.000 29.437.000 47,6 27.184.000 44,0
1980 61.538.000 28.748.000 46,7 26.104.000 42,4
1985 60.975.000 27.468.000 45,0 25.106.000 41,2
1990 63.254.000 27.537.000 43,5 25.156.000 39,7
1991** 79.984.000 28.198.000 35,3 29.202.000 36,5
1995 81.661.000 27.715.000 33,9 27.922.000 34,2
2000 82.188.000 26.817.000 32,6 26.614.000 32,4
2003 82.532.000 26.165.000 31,7 25.836.000 31,3
2005 82.438.000 25.870.000 31,4 25.386.000 30,8
2010 81.751.600 24.651.000 30,2 23.896.000 29,2

Source : Statistisches Bundesamt (ed.), Statistisches Jahrbuch 2011 : Für die Bundesrepublik Deutschland, Wiesbaden 2011 ; Statistisches Bundesamt (ed.) Datenreport 2006, Bundeszentrale für politische Bildung, Bonn 2006 ; Sekretariat der Deutschen Bischofskonferenz (DBK), Bevölkerung und Katholiken in Deutschland 1950-2010 ; Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2010, Hannover 2011 ; Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2005, Hannover 2006.
* valeur de 1961
** depuis 1991 y compris l’Allemagne de l’Est

Nombre de catholiques, protestants et autres*

Pourcentage de catholiques, protestants et autres* Population totale

* Autres incluent ceux qui n’ont pas d’appartenance religieuse.
Source : Statistisches Bundesamt (ed.), Statistisches Jahrbuch 2011 : Für die Bundesrepublik Deutschland, Wiesbaden 2011 ; Statistisches Bundesamt (ed.) Datenreport 2006, Bundeszentrale für politische Bildung, Bonn 2006 ; Sekretariat der
Deutschen Bischofskonferenz (DBK), Bevölkerung und Katholiken in Deutschland 1950-2010 ; Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2010, Hannover 2011 ; Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2005, Hannover 2006.

26 juillet 2012

Entrées, retours, départs

Catholiques
De l’après-guerre jusqu’à la fin des années 1960, le niveau des départs de l’Eglise parmi les catholiques resta à un niveau bas (25.000 départs par an environ), niveau jamais enregistré (...)

Catholiques

De l’après-guerre jusqu’à la fin des années 1960, le niveau des départs de l’Eglise parmi les catholiques resta à un niveau bas (25.000 départs par an environ), niveau jamais enregistré auparavant ou par la suite. Des variations discontinues eurent leurs points culminants en 1970 (69.000 départs) et 1974 (83.000 départs). Le niveau des départs resta par la suite élevé. Pendant les années 1980, le nombre de départs augmenta de nouveau. De 1989 à 1990 on put observer une ascension soudaine de 93.000 à 144.000 départs ; il faut tenir compte alors du contexte de la réunification allemande. Cet événement eut pour conséquence que beaucoup de personnes à l’Est qui s’étaient détournées auparavant des Eglises, ont alors saisi l’occasion de quitter leurs Eglises officiellement. Ainsi le mouvement des départs eut son point culminant en 1992 avec 193.000 départs. Actuellement, le nombre de départs avoisine les 125.000 par an (Ebertz 1998).

Protestants

Le niveau des départs de l’Eglise Protestante dépasse celui de l’Eglise catholique. Alors que peu de protestants quittèrent leur Eglise pendant l’après-guerre, le niveau des départs augmenta dans les années 1960 et dépassa les 200.000 en 1974. Dès ce moment-là, le nombre de départs excède celui des entrées et des retours. Après un rétablissement relatif, le nombre de départs augmenta à nouveau pour atteindre les 148.000 en 1989. Le point culminant de 361.000 protestants quittant l’Eglise fut atteint en 1992 ; ici, comme dans le cas de l’Eglise catholique, il faut tenir compte des conséquences de la réunification. Jusqu’à nos jours, le nombre des départs diminue (Ebertz 1998). D’après ses propres données, l’Eglise Protestante s’attend à perdre un tiers de ses membres d’ici 2030.

Sans confession

Pendant que les Eglises en Allemagne subissent des départs, le nombre de personnes sans confession s’accroît. Elles représentent 12% de la population totale à l’Ouest, et presque 70% à l’Est de l’Allemagne. Pendant qu’en Allemagne de l’Ouest la plupart d’entre elles ont quitté l’Eglise, à l’Est la majorité est née sans confession. L’ancien régime socialiste exerça des pressions sur les croyants pour qu’ils quittent les Eglises et renoncent aux baptêmes de leurs enfants. En Allemagne de l’Ouest, c’est plutôt la charge fiscale qui conduit à quitter les Eglises. L’immigration des étrangers non-chrétiens a de plus un effet négatif sur l’affiliation aux Eglises (EKD 2003).

Vers un pluralisme religieux

En supposant que pendant les prochaines décennies l’évolution démographique en Allemagne sera marquée par l’immigration, il faut s’attendre a une plus grande diversité religieuse. Quant aux confessions chrétiennes, ce sont surtout l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes qui profiteront d’un surplus d’immigration en provenance du sud de l’Europe. Les Eglises protestantes au contraire n’en profiteront guère (Daiber 1995).

Entrées, retours et départs, 2010

Catholiques (römisch-katholische Kirche) Protestants (evangelische Kirche)
Entrées + Retours 10 979 37 948
Départs 181 193 145 250
Solde -170 214 -107 302

Source : Sekretariat der Deutschen Bischofskonferenz (DBK), Eintritte, Wiederaufnahmen zur katholischen Kirche sowie Austritte aus der katholischen Kirche 1950 – 2010 ; Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2010, Hannover 2011.

Eglise catholique : Entrées, retours et départs, 1950 - 2010

Année Entrées Retours Départs
1950 20.548 10.090 33.536
1955 12.975 6.415 21.292
1960 13.970 5.645 23.889
1965 10.247 3.967 22.791
1970 4.132 1.725 69.454
1975 3.500 2.298 69.370
1980 4.103 3.630 66.438
1985 4.210 4.517 74.112
1990 3.975 4.913 143.530
1991 3.915 4.734 167.933
1995 3.797 6.344 168.244
2000 3.842 8.171 129.496
2003 4.152 8.507 129.598
2005 4.958 11.210 89.565
2010 3.576 7.403 181.193

Source : Sekretariat der Deutschen Bischofskonferenz (DBK), Eintritte, Wiederaufnahmen zur katholischen Kirche sowie Austritte aus der katholischen Kirche 1950 - 2010.

Eglise protestante : Entrées, retours et départs, 1965-2010

Année Entrées + Retours Baptêmes d’adultes Départs
1965 29.499 5.236 39.611
1970 17.165 3.825 202.823
1975 11.747 6.333 168.641
1980 19.688 10.460 119.814
1985 23.908 14.506 140.553
1990 28.470 13.986 144.143
1991 44.731 22.914 320.635
1995 34.549 22.953 296.782
2000 37.853 23.644 188.557
2003 36.496 22.648 177.162
2005 41.237 23.358 119.561
2010 37.948 18.957 145.250

Source : Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2010, Hannover 2011 ; Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Statistik über die Äußerungen des kirchlichen Lebens in den Gliedkirchen der EKD im Jahr 2005, Hannover 2006.

26 juillet 2012

Importance numérique du clergé

Clergé catholique
Un des plus grands problèmes de l’Eglise catholique en Allemagne réside dans la diminution du nombre de prêtres. Comptant plus de 25.000 prêtres séculiers et réguliers en 1970, le (...)

Clergé catholique

Un des plus grands problèmes de l’Eglise catholique en Allemagne réside dans la diminution du nombre de prêtres. Comptant plus de 25.000 prêtres séculiers et réguliers en 1970, le clergé ne compte plus que 20.000 prêtres en 1980. Depuis, la baisse se ralentit. Les statistiques de 2010 recensent 15.136 prêtres, y compris plus d’un quart de retraités. Il n’y a pas assez de prêtres actifs (9.857) pour les 11.524 paroisses et postes de pastorat, ainsi beaucoup de paroisses doivent partager un prêtre. L’âge moyen élevé et le manque de renouvellement des générations ne conduisent pas à prévoir un développement positif des professions pastorales.

En renforçant l’engagement des laïcs dans les paroisses catholiques, le recul du nombre de prêtres a préparé un changement radical : le nombre de diacres permanents est passé de 451 en 1978 à 3.032 en 2010. En Allemagne, cet office est devenu indispensable pour la vie religieuse à l’échelle des paroisses. L’engagement professionnel des laïques s’accroît également dans les autres domaines du pastorat.

Clergé catholique, 2010

Chiffres absolus Pourcentage de femmes
Prêtres 15.136 -
Prêtres séculiers 12.931 -
Prêtres réguliers 2.205 -
Actifs dans les paroisses 15.136 -
Actifs dans d’autres domaines du pastorat 9.857 -
Sans service (Prêtres en congé, retraités) 5.279 -
Diacres permanents 3.032 -
Activité principale ("im Hauptberuf") 1.152 -
Activité annexe ("mit Zivilberuf") 1.880 -
Assistant(e)s/Chargé(e)s de paroisse 4.481 77,0%
Assistant(e)s/Chargé(e)s de pastorale 3.071 41,2%
Membres des ordres religieux 25.511 82,4%
Membres des instituts séculiers 1.881 88,4%

Source : Sekretariat der Deutschen Bischofskonferenz (DBK), Personalstatistik (Nachweisungen) für Deutschland, Wohnbevölkerung 2010.

Ordinations catholiques, 1962-2010

Année Nombre
1962 557
1965 500
1970 303
1975 191
1980 211
1985 220
1990 295
1995 186
2000 154
2005 122
2010 81

Source : Sekretariat der Deutschen Bischofskonferenz (DBK), Statistik der Neupriester 1962 - 2010.

Clergé protestant

Les Eglises protestantes emploient plus d’un demi million de personnes, dont 222.721 travaillent au niveau de la corporation de droit public. Comparé à ces chiffres, le nombre de théologiens avec 21.488 personnes semble modeste ; il n’y a qu’un pasteur pour 1.723 protestants. Bien entendu ils sont assistés par des diacres, sacristains, musiciens, employés de bureau et autres professions. La plupart des 453.000 hommes et femmes qui travaillent à l’échelle des diaconies sont employés dans les institutions d’éducation et de soins. Les tâches centrales sont concentrées dans les administrations ecclésiastiques ("Kreiskirchenämter", "Landeskirchenämter").

Il y a par ailleurs plus d’un million de personnes bénévoles (2010 : 1.107.763), qui se chargent d’une bonne partie des tâches communautaires. Elles travaillent dans les comités directeurs d’Eglise, pour la rédaction des bulletins communaux, effectuent des visites etc. 79,9% des volontaires sont des femmes. En moyenne, on compte quatre ou cinq volontaires pour un professionnel dans l’Eglise Protestante en Allemagne.

Clergé protestant, 2009

Chiffres absolus Pourcentage de femmes
Actifs 21.488 33,5%
Postes titulaires 18.576 32,1%
- Dans les paroisses 14.356 23,7%
dont à temps partiel 4.220 60,8%
- Dans des fonctions spécifiques 5.554 40,1%
dont à temps partiel 1.058 62,8%
Employés sans postes de titulaires 548 59,3%
Autres services et en congé 2.364 38,6%

Source : Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), Zahlen und Fakten zum kirchlichen Leben. Kapitel : Hauptamt und Ehrenamt (2009), Hannover 2012.

26 juillet 2012

Diversification religieuse

D’un point de vue institutionnel, la diversification religieuse en Allemagne est limitée : les petites communautés religieuses ne peuvent pas concurrencer les deux grandes Eglises. C’est pourquoi la (...)

D’un point de vue institutionnel, la diversification religieuse en Allemagne est limitée : les petites communautés religieuses ne peuvent pas concurrencer les deux grandes Eglises. C’est pourquoi la société allemande reste marquée par la tradition chrétienne.

Mais tout en affirmant son attachement aux valeurs chrétiennes, la société ne tient plus compte de leurs fondements. Bien que 65% des Allemands croient à une sorte de Dieu, seulement 18 d’entre eux croient au Dieu personnel de la Bible. Presque 80% mettent par contre leur confiance dans leur ange gardien, qui en tant que protecteur individuel remplace Dieu. De même, un nombre croissant d’Allemands ne tire plus le sens de la vie de Dieu, mais des actions individuelles.

Parmi les chrétiens, ces évolutions se manifestent en outre par un syncrétisme croissant : des sondages montrent que la croyance dans la magie, l’astrologie et autres spiritualités non chrétiennes est de plus en plus populaire. Les Eglises semblent pouvoir être compatibles avec l’individualisme en hausse et les combinaisons syncrétistes, comme l’atteste un niveau comparativement bas de départs. Il en résulte une religiosité sans engagement, en dehors aussi bien qu’à l’intérieur des Eglises.

Cependant, une attitude distanciée envers la religiosité catholique et protestante n’est pas nécessairement liée à un intérêt renforcé pour d’autres confessions. Ni les autres Eglises chrétiennes ni les religions asiatiques n’enregistrent beaucoup d’entrées. De plus, bien que l’islam soit la religion la plus importante après le catholicisme et le protestantisme en Allemagne, il est circonscrit aux ethnies minoritaires (90% Turcs, 10% Iraniens et Allemands) et ne fait pas d’effort de prosélytisme, le nombre de convertis restant toujours marginal. La plus grande des Eglises minoritaires en Allemagne est l’Eglise nouvelle apostolique. Bien qu’à l’échelle mondiale le nombre de ses membres ait augmenté soudainement de 700.000 en 1968 à 5,5 millions en 1989, elle n’attire pas beaucoup en Allemagne (430.000 membres en 1989 et 600.000 membres en 1994). Les Témoins de Jéhovah et les autres sectes connaissent le même développement. Contrairement aux Eglises, ces associations ne semblent pas être compatibles avec la religiosité libérale des Allemands (Ebertz 1998).

26 juillet 2012