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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Aumônerie

L’aumônerie à l’hôpital

Il n’existe actuellement aucune loi suédoise réglementant la présence de la religion dans le système médical, hormis les lois générales contre la discrimination et pour le traitement égal de tous les (...)

Il n’existe actuellement aucune loi suédoise réglementant la présence de la religion dans le système médical, hormis les lois générales contre la discrimination et pour le traitement égal de tous les individus, sans égard à leur appartenance ethnique, leurs croyances religieuses ou autres (SFS 2008:567). Le rôle de l’État est limité au soutien des communautés religieuses en dehors de l’Église de Suède, et de coordonner les soins pastoraux au sein du système médical. La Commission suédoise pour le soutien gouvernemental des communautés religieuses (Nämnden för statligt stöd till trossamfund, SST), qui est une autorité étatique agissant relevant de la direction du ministère de la Culture, a donné au Comité de coordination des Églises libres suédoises la tâche de coordonner les soins pastoraux au sein des hôpitaux et des d’autres éléments du système médical. Deux personnes sont employées pour cette tâche. Elles collaborent avec l’Église de Suède, l’Église catholique romaine, le Comité de coopération islamique et le Comité de coopération des Églises orthodoxes. L’Église de Suède a à son service un coordinateur à temps partiel dévoué à cette tâche dans ce domaine.

Il y a, en tout, environ 350 personnes qui travaillent pour les soins pastoraux au sein des hôpitaux, sous l’appellation commune d’Église hospitalière (Sjukhuskyrkan). Environ 300 d’entre elles sont des pasteurs et diacres de l’Église de Suède, et 40 sont rattachées aux autres ordres chrétiens traditionnels suédois. L’Église catholique romaine a huit prêtres ou religieuses rattaché(e)s à ce travail ; trois à Stockholm, un(e) à Göteborg et cinq à Malmö. Les Églises orthodoxes ont deux prêtres travaillant à 25 % du temps dans les hôpitaux de Linköping et Göteborg. Trois coordinateurs musulmans travaillant à 25 % sont associés aux hôpitaux de Stockholm, Göteborg et Örebro (chiffres de 2011).

Le personnel de l’Église de Suède est payé par cette dernière au niveau local et régional, sans aucune aide de l’État, tandis que les autres communautés religieuses reçoivent des aides financières étatiques couvrant environ 25 % de leurs frais de personnel. Ce soutien de l’État est administré par le Comité de coordination des Églises libres suédoises pour le compte de la Commission suédoise pour le soutien gouvernemental des communautés religieuses, SST. Ce système est régi par deux lois et une réglementation : la Loi sur les communautés religieuses (SFS 1998:1593), la Loi sur le soutien aux communautés religieuses (SFS 1999:932) et la réglementation sur les subventions de l’État aux communautés religieuses (SFS 1999:974). En 2010, 570 000 euros ont été versés par l’État aux communautés religieuses (hormis l’Église de Suède) pour ce travail.

21 mai 2014

Les aumôneries de prison

Les prisons suédoises sont administrées par le service de prison et de probation suédois (Kriminalvården). Tous les détenus ont le droit de pratiquer leur foi ou religion et de suivre les préceptes de (...)

Les prisons suédoises sont administrées par le service de prison et de probation suédois (Kriminalvården). Tous les détenus ont le droit de pratiquer leur foi ou religion et de suivre les préceptes de cette foi tandis qu’ils sont incarcérés, peu importe leur confession.

La plupart des institutions ont à leur service un prêtre de l’Église de Suède, ainsi qu’un pasteur d’une Église libre. Au sein des institutions de plus grande taille, il est possible de trouver des prêtres de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe, des imams musulmans, des travailleurs laïcs ou des assistants de paroisse. Ceux-ci organisent généralement des services religieux et d’autres réunions. Les plus grandes institutions possèdent des chapelles ou des salles spéciales pour le culte ou pour des réunions religieuses. Il y a environ 140 prêtres, pasteurs et diacres au sein du service carcéral suédois. Leurs tâches consistent à répondre aux besoins des détenus en termes de conversation privée, à organiser les réunions de groupe et les services d’Église, ainsi qu’à apporter une éducation et des conseils concernant les problèmes éthiques et existentiels. Une partie du travail des aumôniers de la prison est d’aider les détenus à trouver un représentant de leur foi et religion. Chaque prison possède un conseil dévoué au bien-être spirituel appelé Nav. Ce groupe est responsable du bien-être spirituel des détenus ; en d’autres termes, il a pour objet d’aider les personnes en prison pour les questions concernant notamment la foi et le sens de la vie. Le Nav inclut les aumôniers de prison et d’autres individus. Le Conseil chrétien de Suède (SKR) forme les aumôniers du milieu carcéral afin que ces derniers aient les compétences spécifiquement adaptées aux besoins spirituels des détenus. Le SKR est une organisation œcuménique au sein de laquelle presque toutes les églises de Suède sont actives. Au niveau national, ce travail est coordonné par le Conseil chrétien de Suède (SKR). Le Conseil musulman de Suède (SMI) remplit une fonction similaire pour la confession islamique. En 2002, une déclaration de soutien mutuel et d’échange entre le SMI et le SKR en ce qui concerne le bien-être spirituel des détenus a été publiée.

Au sein de la prison de Kumla, prison pour hommes la plus sécurisée, une division spéciale appelée « le Monastère » a été ouverte en 2003. Au Monastère, les détenus peuvent participer à une retraite silencieuse après une procédure de candidature spéciale. Cette retraite est décrite comme suit : « Cela signifie que vous avez le temps de vous contempler et d’essayer de comprendre qui vous êtes. Le Monastère n’est pas un cours de christianisme, mais si vous y participez, vous avez le droit de lire la Bible, de méditer et de réfléchir. Au sein du Monastère, vous avez l’opportunité de trouver le courage nécessaire d’arrêter de faire semblant et d’oser voir clairement la réalité, ainsi que la personne que vous êtes. Vous pouvez poser votre candidature pour participer au Monastère, peu importe l’institution dans laquelle vous purgez votre peine. Afin de participer au Monastère, vous devez avoir été condamné à une longue peine d’emprisonnement. » (site internet du service de prison et de probation suédois, 2-9-2011).

21 mai 2014

L’aumônerie militaire

La présence de la religion dans le corps militaire a été historiquement réglementée par une loi qui a subsisté jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en 2000. Cette loi illustrait le lien fort (...)

La présence de la religion dans le corps militaire a été historiquement réglementée par une loi qui a subsisté jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en 2000. Cette loi illustrait le lien fort existant entre l’armée et l’Église de Suède. À la suite de la séparation entre l’Église et l’État, la sensibilisation aux problèmes de diversité et d’égalité ethnique et religieuse s’est accrue. Il n’existe actuellement aucune loi régissant la présence de la religion dans les forces armées, et les documents officiels insistent sur les principes de traitement égal, sans égard à l’appartenance ethnique, aux croyances religieuses et autres, et de respect de la diversité. Un document spécial sur la politique relative à la liberté de culte a été rédigé et adopté en 2001. Ce document est aujourd’hui en cours de révision, en collaboration avec les représentants des différentes communautés religieuses. En 2009, un « Document directeur pour l’Égalité 2009-2011 » ayant pour objet de clarifier la politique officielle et fondé sur la loi suédoise sur la discrimination a été adopté par l’armée (SFS 2008:567). Ce document directeur dispose que les officiers d’unité devraient entrer en contact avec les représentants des ordres religieux présents au sein de l’unité. Si nécessaire, une salle de confession neutre devrait être mise à disposition de tous pour prier, peu importe la religion pratiquée. Des aliments alternatifs riches en protéines devraient toujours être proposés pour répondre aux besoins résultants des croyances des conscrits. Le document fixe également pour objectif une meilleure sensibilisation du personnel de l’armée vis-à-vis de sa propre attitude et de ses propres valeurs à l’égard de la diversité ethnique et religieuse ; tout obstacle structurel à l’accomplissement de cette diversité devrait être éliminé. Cela entend, par exemple, de la flexibilité dans tous les domaines, notamment en ce qui concerne les temps de repos, la mise à disposition de nourriture, l’accomplissement de la prière et des rites religieux, l’intégrité personnelle et l’habillement.

Néanmoins, si le respect de la diversité religieuse est mis en avant, la situation actuelle est celle d’une domination presque totale de l’Église de Suède sur la présence religieuse au sein du système militaire en ce qui concerne les soins pastoraux, même après la séparation entre l’Église et l’État. Selon le site internet de l’armée suédoise, l’Église de Suède a mis ses ressources à disposition des forces armées suédoises en matière de conseil pastoral (site internet de l’armée suédoise, 1er septembre 2011). Dans le cadre militaire, le travail pastoral est décrit comme étant l’écoute et le soutien de ceux qui se préparent à participer ou qui participent actuellement à des situations très difficiles, ainsi que la contribution aux réflexions sur les questions éthiques, souvent ambiguës.

Le tutorat pastoral militaire a une perspective interreligieuse et prend en compte les différentes confessions de foi. Les aumôniers représentent leurs communautés de foi respectives mais agissent comme médiateurs pour les autres ordres. L’organisation des soins pastoraux militaires compte en tout 138 postes, répartis dans les différents secteurs de l’armée. D’un point de vue organisationnel, ces soins pastoraux sont intégrés à l’organisation militaire, mais le personnel est employé par les communautés religieuses respectives, à l’exception de deux postes au sein du quartier général de l’armée suédoise et de huit postes relevant des opérations internationales de l’armée. Les deux positions rattachées au quartier général sont celle de « Doyen du terrain » (en suédois : Fältprost), responsable de l’organisation nationale des soins pastoraux, et le « Pasteur du personnel » (en suédois : Stabspastor), responsable des soins pastoraux du personnel du quartier général et assistant du Doyen du terrain pour ses fonctions nationales. Le poste de Doyen du terrain est financé à 75 % par l’Église de Suède et à 25 % par l’armée, tandis que celui de Pasteur du personnel est financé à 100 % par l’armée.

À l’heure actuelle (2011), l’armée suédoise effectue des opérations au Kosovo, en Afghanistan et en Somalie, avec un pasteur attaché à chaque opération. Quatre pasteurs travaillent également pour le détachement suédois du Groupe de combat nordique.

Au total, 28 pasteurs travaillent dans les unités de formation militaire de base, 20 pasteurs travaillent en tant que pasteurs de terrain au niveau régional/provincial, 20 pasteurs travaillent pour « l’organisation des opérations » (insats-organisationen) et 60 pasteurs sont rattachés à des bataillons de défense nationale. Presque tous ces pasteurs, au niveau local, régional ou national, travaillent à temps partiel, et la grande majorité d’entre eux sont employés et rémunérés par l’Église de Suède. Seuls quelques pasteurs rattachés au système de défense nationale sont employés et rémunérés par d’autres communautés religieuses chrétiennes.

21 mai 2014