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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe

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Présentation générale

Liberté religieuse et situation juridique des communautés religieuses

La liberté religieuse a été introduite assez tardivement en Suède par rapport à plusieurs autres pays européens. Dans le but de contenir le mouvement piétiste alors en pleine croissance, un décret (...)

La liberté religieuse a été introduite assez tardivement en Suède par rapport à plusieurs autres pays européens. Dans le but de contenir le mouvement piétiste alors en pleine croissance, un décret spécial est promulgué en 1726 afin d’interdire les rassemblements religieux autres que ceux de l’Église établie. En 1873, ces réglementations sont remplacées par une loi spéciale concernant en particulier les croyants des familles religieuses dites « étrangères ». Cette loi offre la possibilité de quitter l’Église établie et de rejoindre une autre confession chrétienne reconnue par l’état. Ce n’est qu’à partir de 1951 que la Suède dispose d’une loi garantissant la liberté religieuse. Cette loi donne aux citoyens du pays le droit de pratiquer librement la religion de leur choix, et également le droit de renoncer à adhérer à un groupe religieux quel qu’il soit (SFS 1951:680). Dans la Constitution suédoise, ce droit est énoncé comme « la liberté de pratiquer sa religion, seul ou avec d’autres personnes » (SFS 1974:152).
Aujourd’hui, l’État suédois est officiellement neutre par rapport aux communautés religieuses. Depuis le 1er janvier 2000, toutes les communautés religieuses doivent être, en théorie, traitées équitablement. Cependant, l’Église de Suède continue d’être réglementée distinctement et possède des responsabilités particulières. La loi relative aux communautés religieuses les définit comme « des communautés dédiées à l’activité religieuse, y compris l’organisation d’offices religieux » (SFS 1998:1593). Selon cette définition, les associations non religieuses comme l’Association humaniste suédoise (Humanisterna) ne font pas partie des communautés religieuses réglementées par l’État. D’après la loi, nul n’est obligé d’appartenir à une communauté religieuse. En outre, à partir de 12 ans, les enfants doivent donner leur propre consentement pour rejoindre ou quitter une communauté religieuse. Les communautés demandant le statut juridique de « communauté religieuse » peuvent déposer une demande en ce sens auprès du gouvernement et ainsi être inscrit au registre officiel des communautés religieuses.

Avril 2014
15 mai 2014

Le statut semi-officiel de l’Eglise de Suède

Certaines activités de l’Eglise de Suède demeurent encore étroitement liées à l’Etat, même si cette ancienne institution d’Etat est désormais une organisation distincte. Un exemple : l’Eglise possède une (...)

Certaines activités de l’Eglise de Suède demeurent encore étroitement liées à l’Etat, même si cette ancienne institution d’Etat est désormais une organisation distincte. Un exemple : l’Eglise possède une partie importante du patrimoine culturel national de la Suède sous la forme d’églises médiévales et d’autres édifices anciens. La responsabilité de leur administration et de leur préservation incombe à l’Eglise ; une loi spéciale réglemente ces éléments (SFS 1988:950). Le second exemple, soulignant le statut spécial de l’Eglise de Suède, est que la loi exige que le monarque, en tant que chef d’Etat, soit membre de l’Eglise de Suède (SFS 1974:152). Troisième exemple : l’Eglise de Suède conserve la responsabilité principale concernant l’entretien des cimetières exception faite de de certains autres arrangements dans quelques endroits du pays. Ceci inclut la mise à disposition de lieux d’inhumation spécifiques pour les personnes issues d’autres confessions lorsque la demande en est faite. L’Etat a délégué la responsabilité de ce service public à l’Eglise de Suède par la voie d’une législation spéciale (SFS 1990:1144). Cette fonction de l’Eglise de Suède est souvent désignée comme la part restante de son ancien statut en tant qu’autorité publique, part qui sera transférée à l’Etat dans le futur. Toutefois, ce point ne représente pas un enjeu important dans le débat politique ou public actuel.
Le statut semi-officiel de l’Eglise de Suède est évident lorsqu’on examine la loi la concernant (SFS 1998:1591). La loi dit en substance : "l’Eglise doit être de confession évangélique luthérienne y compris dans le futur, l’Eglise doit être ouverte à tous, ses activités doivent s’étendre à l’ensemble du pays, et elle doit être dotée d’une organisation démocratique". Ces exemples montrent que le lien étroit entre l’Etat et l’Eglise n’a pas disparu. L’Etat considère encore l’Eglise de Suède comme différente des autres communautés religieuses, et plus importante que ces dernières, car elles n’ont pas d’ambitions étatiques comparables. On peut ainsi affirmer que l’Eglise de Suède a un statut semi-officiel.

15 mai 2014