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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Parcours historique

Un pays chrétien

La Hongrie est devenue un Etat lorsqu’elle s’est convertie au christianisme occidental à la fin du premier millénaire. Les fondements de la structure de l’Eglise catholique ont été mis en place par (...)

La Hongrie est devenue un Etat lorsqu’elle s’est convertie au christianisme occidental à la fin du premier millénaire. Les fondements de la structure de l’Eglise catholique ont été mis en place par Saint-Etienne (997-1038), premier roi de Hongrie, qui créa dix diocèses. La revendication du « patronat » c’est-à-dire le fait que le roi (ou l’Etat) est responsable des questions religieuses, a perduré jusqu’à la fin du 20è siècle. Bien que l’histoire hongroise soit déterminée par son adhésion à l’Eglise catholique romaine, les minorités orthodoxes ont été présentes en Hongrie à travers toute son histoire. La Réforme est arrivée dans le pays alors que le pouvoir de l’Etat centralisé était faible, et a donc connu beaucoup de succès au XVIème siècle. L’Eglise réformée, (calviniste presbytérienne) devint le lieu de naissance de la culture nationale (traductions de la Bible, écoles, etc.). La contre-réforme a obtenu quelques succès, mais le pays a conservé un pluralisme confessionnel marqué. Une approche généralement tolérante des problèmes religieux est profondément ancrée dans la société hongroise. La coexistence entre catholiques et protestants (principalement des calvinistes qui se considèrent souvent comme l’« Eglise de la nation ») n’a certes pas toujours été sans heurts, mais s’est avérée être une tension productive qui a enrichi aussi bien la culture nationale que la culture quotidienne.

20 septembre 2012

Pluralisme religieux

Après la guerre avec l’Empire ottoman (à la fin du 17è siècle), les Hongrois de souche devinrent minoritaires dans le royaume de Hongrie. Tandis qu’au sud les Serbes sont restés orthodoxes, une grande (...)

Après la guerre avec l’Empire ottoman (à la fin du 17è siècle), les Hongrois de souche devinrent minoritaires dans le royaume de Hongrie. Tandis qu’au sud les Serbes sont restés orthodoxes, une grande partie des Tziganes, en Transylvanie, et des Ruthènes, dans les Carpates, ont conclu une union avec l’Eglise catholique, soutenue par les Habsbourgs. A la fin du 19è siècle, les Juifs représentaient 5% de la population. L’ère libérale de cette époque facilita l’assimilation rapide des Juifs hongrois. C’est à cette même époque qu’a été promulguée la loi XLIII de 1895 qui instituait la liberté religieuse pour tous, limitant cependant le droit de culte public aux communautés reconnues (intégrées ou légalement reconnues). La loi établissait de facto un système de communautés religieuses à deux niveaux qui perpétuait le cadre légal qui était apparu à travers l’histoire, et qui concernait le statut de l’Eglise catholique, de l’Eglise réformée (calviniste) et de l’Eglise luthériennes, des orthodoxes, des unitariens et des Juifs (ces derniers venant de recevoir le statut de religion « intégrée »). La loi donnait la possibilité d’établir des confessions « reconnues ». Les Eglises traditionnelles ont continué à faire partie des institutions établies (non seulement au plan légal, mais également social – l’Eglise catholique est demeurée, par exemple, la plus grand propriétaire terrien jusqu’en 1945 et les deux tiers des écoles élémentaires étaient dirigées par des Eglises jusqu’en 1948).

20 septembre 2012

Remise en cause de la liberté religieuse

Après le traumatisme de la sécession de la Hongrie (après la Première Guerre mondiale), les forces conservatrices nationales ont dominé le paysage politique et culturel, revenant sur une partie de la (...)

Après le traumatisme de la sécession de la Hongrie (après la Première Guerre mondiale), les forces conservatrices nationales ont dominé le paysage politique et culturel, revenant sur une partie de la législation libérale de la fin du 18è siècle. La Hongrie est devenue un petit pays entouré de toute part par des pays qui lui ont autrefois appartenu – et qui possèdent une minorité ethnique hongroise importante. Le pays participa à la Seconde Guerre mondiale et a été occupée par l’Allemagne le 19 mars 1944. Dans les mois qui ont suivi, la grande majorité des Juifs hongrois – qui jouissaient jusque là d’une certaine sécurité – a été déportée et exterminée (la Hongrie a perdu les ¾ de sa population juive).
Après la Seconde Guerre mondiale, les communistes ont pris le pouvoir avec l’aide de l’Union soviétique. Ils ont aboli les structures démocratiques, les droits de l’homme ainsi que l’état de droit. Les autorités communistes ont systématiquement harcelé le clergé et les croyants. La liberté de religion n’existait plus que dans le texte de la constitution. La « séparation » imposée n’était rien d’autre qu’une persécution et un contrôle strict par l’Etat. Lorsque le contrôle sur l’Eglise devint presque total, la pression est devenue un peu plus douce (« communisme goulasch »), mais les grandes lignes sont restées les mêmes jusqu’en 1989. Dans les années 1970 et 1980, les Eglises jouissaient d’une certaine liberté de culte à l’intérieur des édifices du culte, mais il ne leur était pas possible de mener quelque action sociale que ce soit (communication, charité, organisations, institutions, ordres religieux, etc...).

20 septembre 2012

La religion dans la société moderne

La Hongrie a joué un rôle important dans l’Ostpolitik du Saint Siège en tant que cas expérimental. La « détente » entre l’Eglise et l’Etat a eu des effets bénéfiques, mais a aussi signifié de douloureux (...)

La Hongrie a joué un rôle important dans l’Ostpolitik du Saint Siège en tant que cas expérimental. La « détente » entre l’Eglise et l’Etat a eu des effets bénéfiques, mais a aussi signifié de douloureux compromis. Le Saint Siège et la République de Hongrie ont conclu un accord partiel en 1964. Les trois premières décennies de communisme ont apporté une sécularisation massive et forcée de la société hongroise. Le communisme a laissé une société fragmentée et un vide moral. Ironiquement, les Eglises – qui avaient été si violemment touchées par le régime – se sont avérées être les forces les plus puissantes de la société civile. La chute du communisme a apporté une liberté nouvelle et des défis nouveaux. Jamais dans l’histoire hongroise les Eglises n’ont joui comme à présent d’une telle indépendance vis à vis de l’Etat – en étant d’une part libres de tout contrôle et en jouissant d’autre part des mêmes moyens qu’avant la Seconde Guerre mondiale. Trouver un nouveau rôle dans la société est cependant un processus difficile et complexe.

20 septembre 2012