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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe

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Parcours historique

De l’Espagne wisigothique à l’Espagne des trois religions

Pour saisir les caractéristiques actuelles des relations religion-société et Eglises-Etat en Espagne, il est nécessaire de remonter très avant dans l’histoire de ce pays. Nombre de références ou de (...)

Pour saisir les caractéristiques actuelles des relations religion-société et Eglises-Etat en Espagne, il est nécessaire de remonter très avant dans l’histoire de ce pays. Nombre de références ou de situations actuelles font en effet appel à des mythes ou symboles inscrits autant dans ce passé lointain que dans des époques plus proches.
L’Hispania romaine - le territoire fut conquis au IIe et IIe siècle avant J.C.- est, dès le second siècle de notre ère, fortement marquée par le christianisme, qui s’y épanouira dès lors. Au IVe siècle, l’Espagne est ainsi un protagoniste marquant des débats agitant le monde chrétien.
Conquise par les barbares au Ve siècle, elle est découpée en plusieurs royaumes, dont le royaume wisigoth, centré sur Tolède, sa capitale désignée en 554, qui parvient à une unification territoriale et à un affermissement de l’autorité royale.
La conversion du roi wisigoth Reccared au catholicisme en 586 est, quant à elle, considérée comme l’élément fondamental de l’unification de la société de l’Espagne, unification autour du christianisme et non de l’arianisme. C’est là, en fait, la mise en place d’une monarchie théocratique, marquant l’originalité de l’Espagne en ce domaine au sein des royaumes barbares. Il s’agit donc d’une première unification par la foi, et l’archevêque de Tolède obtiendra le titre de primat en 647.
Cette période est importante car elle revêtira un caractère mythique, en particulier pour les hommes de la Reconquista. Elle prend fin avec les invasions berbères et la défaite des wisigoths en 711. Cette date marque l’entrée de l’Espagne dans une autre époque, historique, certes, mais aussi culturelle. La civilisation arabe et musulmane va profondément marquer tant le territoire que la société espagnole.
Sous Al-Andalus, les communautés autres que musulmanes, à savoir mozarabes - catholiques sous domination musulmane - et juives bénéficient de la protection des autorités et du respect de leurs droits. En contrepartie, elle se soumettent à cette autorité, reconnaissent leur infériorité et sont interdites de tout prosélytisme.
La brillante civilisation d’Al-Andalus est, elle aussi, un référent symbolique fort dans l’Espagne actuelle, revendiquée tant par les autorités civiles comme l’exemple d’une Espagne tolérante, à l’instar de la nouvelle Espagne, que par les musulmans espagnols, qui veulent souligner le poids de l’islam dans l’histoire et la culture du pays.

Voir : Deux visions de l’influence arabe et musulmane sur la société espagnole.

13 septembre 2012

De la Reconquête à l’unité par la foi

La Reconquista, reconquête du territoire par les chrétiens sur les berbères, est un processus multiséculaire et complexe qui s’achève le 2 janvier 1492 avec la prise de Grenade. Animée par différentes (...)

La Reconquista, reconquête du territoire par les chrétiens sur les berbères, est un processus multiséculaire et complexe qui s’achève le 2 janvier 1492 avec la prise de Grenade.
Animée par différentes motivations, allant de la pression démographique aux croyances religieuses, elle fut dotée d’une dimension mythique supplémentaire en acquérant le statut de croisade, concernant de ce fait toute la chrétienté. Ce phénomène se produisit principalement à partir du XIe siècle, quand le pape Alexandre Ier accorda aux participants à la Reconquista les mêmes indulgences plus tard concédées aux Croisés.
Pour autant, la période de la Reconquista est marquée par une forte originalité. En effet, l’Espagne, comme la plupart des pays européens, hérite du Moyen Age et porte dans les siècles suivants un principe quasi-universellement accepté : la foi chrétienne est un élément essentiel de la réalité de la communauté politique ; seuls les catholiques peuvent être sujets du roi, puisqu’eux seuls constituent le règne. En France ou en Angleterre, on ne pensait pas différemment alors. Mais la situation espagnole était particulière, du fait de l’existence sur son sol de deux fortes communautés religieuses protégées, pour les juifs, par une législation ancienne, pour les musulmans, par des contrats de capitulation passés pendant la Reconquête, et donc dotées d’une organisation spécifique, et reliées directement au souverain.
Pourtant, au XVe siècle, les relations entre monarque et sujets subissent une évolution qui trouve son aboutissement avec la politique menée par Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille Un processus de transformation des institutions va aboutir à la constitution de la nation espagnole, par identification entre le roi, la reine, le territoire et la communauté. Le facteur fondamental d’une telle communauté, sans lequel elle ne peut ou cesse d’exister, c’est sa religion, sa foi. En s’identifiant avec elle, le monarque devient la concentration, le sommet et la synthèse de la communauté elle-même, qu’il est inexorablement réduit à servir. Hors de la communauté, pas de souverain, et hors du christianisme, pas de communauté.
C’est pourquoi la période des Rois catholiques et de la politique d’unification par la foi qu’ils mettent en place est si importante pour comprendre l’Etat espagnol. Le retard de la nation moderne y tient en effet, entre autres facteurs, à ce qu’ils ont constitué l’unité de la Péninsule en expulsant les juifs (décret du 31 mars 1492), puis les musulmans, cette phase étant achevée par Charles Quint lorsqu’il fut délié par le pape du serment de ne pas inquiéter les derniers maures d’Espagne. C’est là le « maximum religieux » auquel l’Espagne restera fidèle au moins jusqu’au XVIIIe siècle, à travers en particulier la notion de limpieza de sangre, de pureté de sang, au nom de laquelle on éliminera également les nouveaux chrétiens. La communauté hispanique est intégrée dans une seule foi, et met toutes ses institutions en relation de dépendance avec elle.

13 septembre 2012

Quelques tentatives de libéralisation, une évolution limitée

Jusqu’en 1931 et à l’instauration de la IIe République, les relations religion-société et Eglises-Etat connaissent peu d’évolution, y compris au XIXe siècle contrairement à la plupart des pays (...)

Jusqu’en 1931 et à l’instauration de la IIe République, les relations religion-société et Eglises-Etat connaissent peu d’évolution, y compris au XIXe siècle contrairement à la plupart des pays occidentaux. Ce siècle est, selon l’analyse particulièrement pertinente de Guy Hermet, « un non-lieu historique. Il est ... le théâtre d’un simulacre ou d’un essai manqué, où transparaissent la lettre mais non l’esprit ou les conditions des changements qui s’opèrent partout ailleurs en Europe. » Ceci est particulièrement vrai en matière de liberté religieuse.
Sur le plan constitutionnel, une tentative voit le jour : la Constitution de 1869, première à instaurer en Espagne la liberté des cultes, mais dont la postérité est brève. En outre, elle ne retire pas au catholicisme son statut de religion d’Etat. Elle permettra néanmoins au protestantisme de se rétablir dans la Péninsule, même si c’est de manière limitée, et cette fois-ci durablement. C’est ce que l’on appelle la IIe Réforme.
Au niveau social, les mentalités évoluent très lentement. On peut néanmoins signaler, fin XIXe et début XXe, quelques tentatives en directions des Sefardis, descendants des juifs expulsés. Si quelques mouvements s’étaient fait jour auparavant, ils n’avaient pu aboutir, l’état politique et de la pensée au sein de la population ne le permettant pas. Quelques personnalités vont s’exprimer pour demander le retour à la nationalité ou au territoire des Séfardis, par exemple devant la montée des menaces antisémites en Europe de l’Est.
Parmi les intellectuels, des voix s’élèvent également, telle celle d’Ángel Pulido, sénateur libéral qui va marquer les générations postérieures. Il se base sur différents types d’arguments ; richesse économique face au déclin de l’Espagne, intermédiaires vis-à-vis de pays étrangers, mais aussi grandeur politique du pays.
Enfin, dernier point marquant concernant cette période, la nationalité espagnole est concédée par Primo de Rivera aux quelques milliers de juifs de Salonique et d’Alexandrie, après la fin des traités de capitulation avec la Turquie.
Sa politique est à souligner car elle est représentative de l’attitude de l’Espagne en ce domaine jusqu’au milieu des années 1950, à savoir favoriser le retour à la nationalité espagnole mais s’opposer si possible à la venue des individus.
Pourtant, malgré ces réticences, on assiste, en cette fin du XIXe et début du XXe siècles, à un faible mouvement d’immigration. Et, si l’Espagne est toujours divisée sur l’idée de liberté religieuse, plusieurs communautés commencent à apparaître, comme celle de Séville.

Voir : L’instauration de la liberté religieuse en Espagne en 1869.

13 septembre 2012

La IIe République et la Guerre Civile

Le 14 avril 1931, la IIe République est proclamée, qui va voir la mise en place d’une nouvelle Constitution. Son article 26 prévoit l’extinction du budget des cultes et ordonne la dissolution des (...)

Le 14 avril 1931, la IIe République est proclamée, qui va voir la mise en place d’une nouvelle Constitution.
Son article 26 prévoit l’extinction du budget des cultes et ordonne la dissolution des congrégations religieuses liées au pape par un voeu d’obéissance (les jésuites en particulier), menaçant d’étendre cette mesure à tous les ordres susceptibles d’être considérés comme dangereux pour la sécurité de l’Etat. Par ailleurs, il soumet les confessions religieuses, dont l’Eglise catholique, à une future loi spéciale sur les associations cultuelles.
Il pose donc la séparation, et a, en ce sens, valeur de symbole pour la gauche arrivée au pouvoir, pour qui une laïcisation à la française constitue une des bases fondamentales de la démocratie, à la fois jacobine et sociale.
Mais son adoption brutale fut une maladresse politique grave, dans la mesure où elle apparut aux yeux des catholiques comme une véritable provocation anticléricale. Le président du gouvernement provisoire, Niceto Alcala Zamora, démissionna en signe de protestation, tout comme le ministre de l’Intérieur, Miguel Maura, allant jusqu’à menacer de prendre la tête d’une opposition catholique. Le nouveau président du Conseil des Ministres, Manuel Azaña, en place jusqu’en septembre 1933, pratiqua quant à lui l’intransigeance politique sur l’application des principes républicains dans un pays divisé à l’égard de ceux-ci, voulant provoquer un changement irréversible du système politique en détruisant d’emblée l’influence de puissances telles que l’Eglise, l’Armée et les grands propriétaires. Or, ces élites, qui n’ont a priori pas de raison de quitter une attitude de neutralité tant qu’elles ne se sentent point menacées dans leurs intérêts fondamentaux, se voient acculées à la résistance ouverte puis à la riposte, en cas d’attaque directe, et peuvent trouver alors un soutien dans une fraction traditionaliste ou conservatrice de la société.
Azaña, indifférent à ce risque, stimula le zèle législatif des Cortes. Concernant les rapports Eglise-Etat, l’ordre des jésuites fut effectivement dissous, une loi sur le divorce votée, tandis que l’enseignement confessionnel se trouvait interdit en théorie, sans toutefois que les écoles publiques fussent en réalité capables d’assurer la totalité de la mission éducative.
Guy Hermet souligne bien à ce propos le dilemme devant lequel les républicains étaient placés. Soit ils choisissaient de privilégier, dans leur discours comme dans leurs actions, l’exaltation d’un concept de démocratie sans compromis, hypothéquant ainsi sa recevabilité dans les milieux traditionalistes, assez étrangers aux grands principes républicains, et ceci sans avoir aucune garantie de soutien du côté du prolétariat anarchisant, hostile à toute démarche politique rationnelle. Ou bien ils se préoccupaient d’abord de consolider au mieux une démocratie du possible, pragmatique, et de la faire durer, en passant outre à l’application stricte des principes, dans le but de la rendre peu à peu convaincante pour tous. II retinrent la première option, sans bien peser son risque : affaiblir d’emblée les bases du nouveau régime qui, s’il comptait peu d’ennemis déclarés au début, ne pouvait pas non plus se prévaloir de nombreux amis, et dont les observateurs peu engagés se transformèrent rapidement en adversaires.
L’analyse de Guy Hermet soulève également un aspect peu traité du problème : faisant passer le discours avant l’action, en voulant à la fois rassurer les masses sur l’analyse d’un changement à terme de leur situation et convaincre les autres du caractère somme toute « platonique » de ces changements, les républicains ont pensé que l’anticléricalisme, entre autres, pouvait représenter un dérivatif efficace face à la lenteur de la réalisation des transformations économiques et sociales.
Cette erreur flagrante a eu des conséquences dans tous les secteurs de la société espagnole, particulièrement chez les catholiques. Nombre d’entre eux, qui avaient admis la nécessité d’une réforme des relations Eglises-Etat, et qui auraient accepté une république d’ordre, se sont vus confrontés à des changements allant beaucoup plus loin que ce qu’ils étaient prêts à admettre, et n’ont pu que refuser leur confiance à des hommes cautionnant ou initiant des agressions non justifiées contre les idées et institutions auxquelles ils demeuraient le plus attachés. La République espagnole a ainsi souffert de son attitude vis-à-vis du catholicisme et des catholiques, qui a fourni à l’ensemble des forces antirépublicaines un motif de mécontentement autour duquel pouvaient se réunir tous les opposants au régime.Ce qu’on peut , dans cette logique , considérer comme une autodestruction de la république va aboutir à une Guerre Civile de trois ans, entre 1936 et 1939, affrontement de deux Espagnes.
Du côté nationaliste, le terme de croisade patriotique va peu à peu faire son apparition, Et, dans leur Lettre Collective du 1er juillet 1937, les évêques espagnols, jusque là plus divisés, vont apporter une caution quasi unanime à cette vision.

13 septembre 2012

Le franquisme, du retour du national-catholicisme à l’assouplissement des dernières années

La période franquiste est régie par l’ensemble des Lois Fondamentales, édictées de 1938 à 1968, dont la Charte des Espagnols, Fuero de los Españoles, promulguée le 18 juillet 1945, qui énonce dans son (...)

La période franquiste est régie par l’ensemble des Lois Fondamentales, édictées de 1938 à 1968, dont la Charte des Espagnols, Fuero de los Españoles, promulguée le 18 juillet 1945, qui énonce dans son article 6 :

"La profession et la pratique de la religion catholique, qui est celle de l’Etat espagnol, jouira de la protection officielle. Personne ne sera inquiété pour ses croyances religieuses ni dans l’exercice privé de son culte. Il ne sera permis aucune autre cérémonie ou manifestation extérieure que celle de la religion catholique".

Cet article va trouver place dans le Concordat du 27 août 1953 entre l’Espagne et le Saint-Siège, dont le but, clairement défini dans son Préambule, est, en reprenant les accords antérieurs et en les complétant, de constituer la norme des relations réciproques des parties contractantes, en conformité avec la loi de Dieu, et la tradition catholique de la nation espagnole. Selon le premier article, « la religion catholique, apostolique et romaine continue d’être la seule de la nation espagnole et jouira des droits et prérogatives qui lui reviennent en conformité avec la loi divine et le droit canonique. » Le texte accorde en outre de nombreux privilèges à l’Eglise catholique et à ses membres, ou les confirme, tels qu’un statut particulier pour les membres du clergé ou une aide financière de l’Etat aux différentes institutions ecclésiastiques. Enfin, il reconnaît au chef de l’Etat espagnol le maintien du droit de présentation des évêques.
Dès 1936, de nombreuses mesures juridiques avaient d’ailleurs été prises dans le but d’annuler les réformes laïcisantes de la période républicaine. La loi du 23 septembre 1939 abroge le divorce. L’ordonnance du 10 mars 1941 confirme l’obligation de fait du mariage religieux, en contraignant les couples qui souhaitent y échapper à établir la preuve difficile de leur non-appartenance au catholicisme. Sur le plan scolaire également, divers textes sont promulgués entre 1936 et 1943, rendant l’enseignement religieux à nouveau obligatoire dans les écoles publiques, rétablissant les subventions à l’enseignement confessionnel et accordant à l’Eglise un droit de contrôle sur l’ensemble du système d’éducation.
En 1967, avec le vote de la Loi sur la Liberté Religieuse, un infléchissement a lieu par rapport à toute l’attitude précédente qui niait la présence sur le territoire de minorités religieuses acculées à la pratique clandestine et à la non existence sociale. Préparée depuis 1964, elle répond au nouvel état du sentiment religieux dont témoigne notamment le Concile Vatican II, et vise à mettre en concordance avec ses décisions la législation espagnole. Le texte se réfère en effet à la loi du 17 mai 1956 en vertu de laquelle celle-ci doit s’inspirer de la doctrine de l’Eglise catholique. Or, le traitement de la liberté religieuse est un des trois domaines qui, dans le Concordat de 1953, sont traités de manière non conforme au Concile : son article 1, en effet, ferme toute possibilité de statut juridique en Espagne à toutes les confessions non catholiques .
La loi est votée par les Cortes le 28 juin, et publiée le 1er juillet 1967, après avoir reçu un avis favorable du Saint-Siège. Elle introduit certaines modifications, mais ne remet néanmoins pas en cause la position du catholicisme comme seule religion imposée socialement. L’exercice du droit à la liberté religieuse, « conçue selon la doctrine catholique », qui permet la célébration de cultes publics autres, doit être compatible avec la confessionnalité de l’Etat espagnol, proclamée dans ses Lois Fondamentales. Le texte spécifie que les croyances religieuses ne sont pas un motif d’inégalité devant la loi, et permet le mariage civil aux non catholiques, mais sous réserve de la démonstration de leur non-catholicité. Il prévoit enfin la reconnaissance légale des confessions non catholiques par le biais de la formation d’associations religieuses déclarées, consacrant ainsi une dualité de régime, une norme pour l’Eglise catholique, qui continue de bénéficier d’une situation préférentielle, et une norme de soumission au droit privé interne pour les autres confessions, qui entérine en outre l’intervention de l’Etat dans leurs statuts internes.
En revanche, d’un point de vue plus concret, entre la fin des années 1950 et la mort de Franco, on assiste à quelques évolutions. Ainsi, malgré une situation culturelle peu favorable, le mouvement de retour en Espagne des séfardis va s’accroître et perdurer. Ceci est particulièrement dû à la détérioration de la situation politique en territoire d’islam et en Amérique Latine, générant de nombreux exils.
En outre, certaines tentatives de reconnaissance officielle vont trouver écho. La communauté juive de Madrid obtient en 1965 la reconnaissance comme association privée. Ce sera, peu après, le cas pour la Fédération des Communautés de Madrid, Barcelone, Ceuta et Melilla, qui deviendra la Fédération Séfardi d’Espagne. Cette évolution est liée à l’évolution de l’Eglise catholique universelle, mais aussi à l’orientation non prosélyte des communautés juives qui contraste avec, par exemple, celle des Eglises protestantes. Elles suscitent, de ce fait, moins d’hostilité de la part de la hiérarchie et du clergé catholique.

13 septembre 2012

L’Espagne d’aujourd’hui, une démocratie moderne

Le 20 novembre 1975, meurt Franco. De 1976 à 1978, l’Espagne va connaître un processus de transition, la Transición, vers la démocratie, soutenu par une très grande majorité de la classe politique, (...)

Le 20 novembre 1975, meurt Franco. De 1976 à 1978, l’Espagne va connaître un processus de transition, la Transición, vers la démocratie, soutenu par une très grande majorité de la classe politique, mais également par l’Eglise catholique.
Celle-ci, qui avait commencé à prendre ses distances avec le régime franquiste finissant, ne peut être considérée comme un acteur du processus constituant, ce qui serait la négation de la laïcité. Elle va pourtant contribuer par son attitude à faciliter la Transition et à légitimer la démocratie. Pour autant, si elle favorise ainsi le développement et l’acceptation de l’esprit de la nouvelle constitution, elle ne saura pas toujours en intégrer les conséquences. Marqués par la crainte du laïcisme, ses demandes et appuis vont refléter l’ambiguité du soutien à la réalisation d’un Etat neutre confessionnellement joint à la volonté d’un traitement particulier du fait de son poids historique et numérique.
Le nouveau régime, basé sur un système d’aconfessionnalité-coopération, assure donc la liberté religieuse et idéologique de tous les citoyens espagnols. Il connaîtra également une évolution de la législation ordinaire en matière sociale, dans des domaines tels que le divorce ou l’avortement, particulièrement sous les gouvernements de Felipe González (1982-1992).
L’Espagne a su trouver des solutions en matière de pluralisme religieux respectueuses à la fois des principes démocratiques et des particularités de son passé, alors qu’elle ne possédait pas de véritable tradition en la matière. Si certains problèmes subsistent, ils semblent avant tout dus à la brièveté de la période de stabilisation du système et ne paraissent pas devoir remettre en cause la qualification démocratique et laïque de l’Etat.

13 septembre 2012