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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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GĂ©ographie religieuse

Deux régions religieuses homogènes

En 1960, Chypre devint une RĂ©publique indĂ©pendante, mais sous la protection de son ancienne puissance coloniale la Grande-Bretagne, de la Grèce et de la Turquie, ces deux dernières reprĂ©sentant les patries des deux principaux groupes ethno-confessionnels de l’Ă®le (les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs - pour plus de dĂ©tails, voir le chapitre histoire). Les Chypriotes grecs reprĂ©sentaient 74% de la population et les Chypriotes turcs 18%. Les chrĂ©tiens maronites, armĂ©niens et les catholiques romains composaient le reste des groupes minoritaires. Les Chypriotes grecs et turcs Ă©taient dispersĂ©s sur toute l’Ă®le. La vie politique de la rĂ©publique Ă©tait tumultueuse, des violences intercommunautaires entre la majoritĂ© chypriote grecque et la minoritĂ© chypriote turque s’Ă©tant dĂ©clarĂ©es en 1963-64. Par la suite, les forces de l’ONU arrivèrent sur l’Ă®le ; les Chypriotes turcs restèrent barricadĂ©s dans diverses enclaves ethniques.

Après 1963, les reprĂ©sentants de la minoritĂ© chypriote turque ont cessĂ© de participer au gouvernement et les deux communautĂ©s se sont lancĂ©es dans une sĂ©rie de nĂ©gociations intercommunautaires en vue de rĂ©soudre la situation. Cependant, en 1974, les Chypriotes grecs ultra-nationalistes - avec le soutien de la dictature militaire en Grèce (1967-1974) et du rĂ©giment militaire grec prĂ©sent Ă  Chypre - ont rĂ©ussi Ă  renverser le prĂ©sident de la RĂ©publique Monseigneur Makarios. Craignant que le nouveau rĂ©gime ne tente d’unifier Chypre avec la Grèce, la Turquie a invoquĂ© les clauses des accords de 1960 pour intervenir militairement et a occupĂ© environ 38% de l’Ă®le après deux actions militaires successives. A cette occasion, d’importants mouvements de population ont eu lieu : les Chypriotes turcs se sont enfuis au Nord (dans les zones sous contrĂ´le militaire turc), tandis que les Chypriotes grecs ont fui au Sud (dans les zones situĂ©es en dehors du contrĂ´le militaire turc). Le rĂ©sultat final de l’invasion fut le "nettoyage ethnique" d’une Ă®le prĂ©alablement hĂ©tĂ©rogène d’un point de vue ethnique et religieux.

Deux rĂ©gions religieusement homogènes - le Nord et le Sud - ont ensuite Ă©tĂ© crĂ©Ă©es. Dans le Sud, la RĂ©publique de Chypre a gardĂ© la population chypriote grecque : elle est majoritairement orthodoxe orientale (voir les statistiques religieuses). Elle reste Ă  ce jour le seul État internationalement reconnu sur l’Ă®le (et membre de l’UE depuis 2004). Le Nord est devenu la patrie de facto des Chypriotes turcs et de nombreux immigrĂ©s turcs. Il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© unilatĂ©ralement en 1983 RĂ©publique turque de Chypre du Nord (RTCN), mais cela n’a pas Ă©tĂ© reconnu sur le plan international (Ă  l’exception de la Turquie).

La population de la RTCN est majoritairement musulmane. Les informations fournies sur ce site concernent la RĂ©publique de Chypre après 1974, qui est l’État internationalement reconnu sur l’Ă®le.

12 septembre 2012