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Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà

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Principales religions et Eglises

L’Église catholique au Canada

L’Église catholique est la communauté religieuse la plus nombreuse au Canada, et la plus ancienne après les religions amérindiennes.
Bref apercu historique
Elle fut Église d’État sous le régime (...)

L’Église catholique est la communauté religieuse la plus nombreuse au Canada, et la plus ancienne après les religions amérindiennes.

Bref apercu historique

Elle fut Église d’État sous le régime français, statut qu’elle conserva jusqu’à l’annexion de la Nouvelle-France à l’Empire britannique (1534-1763). L’Église anglicane lui succéda alors comme religion établie, jusqu’en 1851, lorsque le Canada sépara formellement la religion de l’État en instituant la liberté des cultes. À la Conquête, l’Église catholique perdit le droit de recruter des prêtres de France et de s’administrer selon sa volonté, conformément au droit romain et à la hiérarchie papale – elle retrouva ce droit vers 1840. Elle érigea la première province ecclésiastique en 1844. Le droit à un enseignement catholique séparé fut constitutionnalisé en 1867.

L’Église catholique en chiffres

La communauté catholique est la plus nombreuse au Canada depuis les années 1960, comme elle le fut jusqu’au milieu du 19e siècle. En nombres absolus, elle y est en croissance, alimentée par une forte immigration, où les catholiques représentent 35% de l’immigration totale (2006-2012). L’Église catholique compte 12 810 705 membres au Canada, soit près de 39% de la population canadienne (2011). Ceux-ci sont concentrés à hauteur de 45,3% dans la province francophone du Québec, où ils constituent 74,7% de la population (2011). En outre, la transmission intergénérationnelle est élevée : 81% des Canadiens ayant une mère de confession catholique se disent eux-mêmes catholiques (2015).

Pratique religieuse et vocations

La pratique religieuse catholique ordinaire est en baisse, tout comme celle des rites de passages. En 2015, 24% des catholiques canadiens disaient se rendre régulièrement à la messe (au moins une fois par mois) et 20% disaient ne jamais s’y rendre. Ils étaient 41% à s’y rendre régulièrement en 1988. C’est au Québec que la pratique religieuse régulière est la plus faible, à 16% en 2015. Et c’est parmi les personnes âgées et les catholiques nés à l’étranger que la pratique religieuse est la plus élevée. Il y eut 104 188 baptêmes (6,3/1000 catholiques âgés entre 0 et 7 ans) et 18 174 mariages catholiques (1,2/1000 catholiques) en 2012, comparativement à 167 031 baptêmes (17,4/1000 catholiques âgés entre 0 et 7 ans) et 85 953 mariages (9,1/1000 catholiques) en 1973. Par ailleurs, 57% des catholiques disaient en 2015 souhaiter des funérailles religieuses.
Le nombre de vocations est également en diminution. L’Église catholique au Canada comptait 13 721 clercs séculiers et 46 173 clercs réguliers en 1973 ; ils étaient respectivement 7 509 et 16 199 en 2012.

Église catholique et société : les débats récents

L’Église catholique a pris position sur de nombreux enjeux et débats de société récents, et a elle-même été prise à partie. La Conférence des évêques catholiques du Canada s’est prononcée en faveur d’une amélioration des soins palliatifs au Canada, en lieu et place des législations récentes sur l’aide médicale à mourir. Elle s’est prononcée en faveur d’un plus grand accueil de réfugiés, notamment syriens, d’un meilleur dialogue interreligieux, et d’un appui aux chrétiens en Terre Sainte. Elle a été critiquée pour son rôle dans l’assimilation des populations autochtones dans les pensionnats catholiques et traduite en justice pour cas de sévices sexuels. À titre d’exemple, en 2011, la Congrégation des frères de Sainte-Croix a accepté, devant la Cour supérieur du Québec, de dédommager financièrement d’anciens étudiants à hauteur de 18 millions de dollars (CAN).

Sources :

- BIBBY, Reginald, et REID, Angus, Canada’s Catholics. Vitality and Hope in a New Era. Toronto : Novalis, 2016.
- Conférence des évêques catholiques du Canada, « Salle de presse », http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse
- LEMIEUX, Lucien, L’établissement de la première province ecclésiastique au Canada (1783-1844). Montréal : Fides, 1968.
- MEUNIER, E.-Martin et WILKINS-LAFLAMME Sarah, « Sécularisation et catholicisme au Québec et au Canada », Recherches sociographiques, vol. 52, n° 3, 2011, p. 683–729.
- Statistique Canada,Enquête nationale auprès des ménages de 2011, produit numéro 99-010-X2011032 au catalogue de Statistique Canada.
- Annuaire statistique de l’Église, Città del Vaticano, Editrice vaticano, 1973 et 2012.

20 juin 2017

Les nouveaux mouvements religieux au Canada

Les nouveaux mouvements religieux – aussi fréquemment appelés nouvelles religions, religions émergentes ou religions alternatives – sont des religions ayant vu le jour ou ayant été importées (...)

Les nouveaux mouvements religieux – aussi fréquemment appelés nouvelles religions, religions émergentes ou religions alternatives – sont des religions ayant vu le jour ou ayant été importées relativement récemment en Amérique du nord, et ne faisant ainsi pas partie des grandes traditions religieuses établies (notamment, en contexte nord-américain, le christianisme). Au Canada comme aux États-Unis, si plusieurs nouveaux mouvements existent au moins depuis le 19e siècle, leur nombre a augmenté après la Seconde guerre mondiale dans un contexte de restructuration sociale et de perte d’influence des autorités religieuses traditionnelles. Quelques exemples incluent l’Église de scientologie, Hare Krishna, l’Église de l’unification, Eckankar et la Science chrétienne. Certains groupes, tel que l’Armée de Marie, groupe excommunié en 2007 par l’Église catholique, établissent une rupture plus ou moins grande par rapport aux institutions séculaires. De manière générale, il est difficile d’estimer le nombre de nouveaux mouvements religieux actifs, tout comme de connaître le nombre, même approximatif, de membres de chacun de ces mouvements, notamment parce que les porte-paroles de ces groupes tendent à exagérer la démographie de leurs communautés, mais également parce que plusieurs groupes ne sont tout simplement pas répertoriés. Les groupes les plus importants sur le plan démographique sont l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (également appelée Eglise mormone), avec plus de 193000 membres au Canada, et les Témoins de Jéhovah, qui comptent plus de 113000 membres canadiens.

Certains de ces nouveaux mouvements religieux sont notamment connus en terre canadienne à cause de controverses publiques diverses. Par exemple, le mouvement raélien a été rendu célèbre par le témoignage de son leader prétendant avoir des contacts avec des extra-terrestres, et à cause de l’importance que son système de croyance accorde au clonage humain. L’Ordre du temple solaire a également attiré l’attention à cause du suicide collectif de plusieurs de ses membres dans les années 1990. Finalement, dans la municipalité de Bountiful en Colombie-Britannique, un groupe de mormons fondamentalistes fait les grands titres des journaux depuis les années 1980 à cause de sa pratique illégale de la polygamie.

Relations avec la société et tensions

Ainsi, les nouveaux mouvements religieux entrent souvent en tension avec la société à cause de croyances et pratiques perçues par certains comme incompatibles avec les valeurs partagées. Les croyances et pratiques concernant les relations entre les genres, la structure familiale, le mariage, l’éducation des enfants et la sexualité sont fréquemment en cause dans les controverses entourant ces religions alternatives. Afin de lutter contre ce qui leur semblait être une menace, autant pour le bien commun que pour les membres de ces groupes, certains mouvements dits "anti-sectes" se sont formés au Canada (un des plus importants est Info-sectes/Info-cult, fondé en 1980).

Les processus d’approbation par l’Etat de la création de groupes religieux au Canada sont légers : c’est par exemple la demande d’être reconnu comme personne morale sans but lucratif pour des raisons religieuses, ou encore de posséder et faire usage d’un lieu de culte, ce qui comporte notamment certains avantages fiscaux. Ils n’interfèrent pas avec les doctrines et pratiques internes des groupes, à moins qu’elles ne contreviennent aux lois communes.

Voir également le débat actuel de 2017 : "Nouveaux mouvements religieux : cas légaux contemporains et historiques".

20 juin 2017