eurel     Données sociologiques et juridiques sur la religion en Europe et au-delà
{ListeTraductions,#GET{ListeTraductions},#ARRAY{#LANG,#URL_ARTICLE}} {ListeTraductions,#GET{ListeTraductions},#ARRAY{#LANG,#URL_ARTICLE}}
Vous êtes ici : Accueil » Dans le débat public » Royaume-Uni

Royaume-Uni

  • 6 mars 2014 : le président des vétérinaires britanniques exige un changement dans la législation sur l’abattage rituel

Le nouveau président de l’association des vétérinaires britanniques, John Blackwell, a déclaré que l’abattage rituel des animaux devrait être adapté afin d’empêcher la souffrance des animaux. La législation britannique autorise la pratique juive et musulmane d’égorgement des animaux, puis de les laisser saigner à mort, pour produire de la viande kasher et halal. Plus de 600 000 animaux sont saignés à mort chaque semaine dans les abattoirs religieux en Grande-Bretagne.
M. Blackwell a expliqué qu’un mouton pouvait rester conscient jusqu’à sept secondes après avoir été égorgé et les bovins jusqu’à deux minutes. Il plaide en faveur d’un étourdissement de l’animal au moment de la mise à mort afin de leur éviter des souffrances inutiles. Il a également suggéré d’interdire cette pratique si les musulmans et les juifs refusaient d’adopter une méthode de mise à mort plus humaine. Les associations œuvrant pour le bien-être des animaux soutiennent les pressions visant à interdire l’abattage rituel sans étourdissement.
Les militants juifs affirment que ces méthodes d’abattage préservent effectivement le bien-être de l’animal. Le Vice-Premier ministre, Nick Clegg, a également réfuté le point de vue de M. Blackwell en indiquant qu’une interdiction de l’abattage rituel constituerait une violation des droits des communautés juive et musulmane.

Pour en savoir plus, consultez le site de la BBC et du Telegraph.

Ingrid Storm
  • 29 juillet 2007 : abattage d’un taureau sacré hindou Shambo

Un taureau sacré pris en charge par une communauté hindoue au Pays de Galles, a été abattu par des vétérinaires du gouvernement après avoir été diagnostiqué porteur de la tuberculose. Les moines avaient mené une campagne vigoureuse pour sauver le taureau, l’événement fut très médiatisé.

Siobhan McAndrew
  • Juin 2004 : Réglementation de l’abattage des animaux

En juin 2003, le Farm Animal Welfare Council (un organe de conseil indépendant financé par le gouvernement et qui surveille les conditions d’élevage) a rendu un rapport sur l’abattage des animaux de viande rouge (comme le bétail, les moutons, les cochons). Ce rapport recommandait que la dérogation, qui permettait aux bouchers cachères et halals d’abattre des animaux sans les étourdir auparavant, soit levée. Le conseil expliquait que les animaux souffrent considérablement, sauf s’ils sont assommés. C’est également l’opinion de la Société britannique de protection des animaux (RSPCA) et de la plupart des autres groupes de défense des animaux. Les organisations juives et musulmanes ont protesté et expliqué que leurs méthodes d’abattage sont humaines et font en fait bien moins souffrir les animaux. Le gouvernement a préparé une réponse au rapport et l’a publiée en vue d’une consultation fixant comme date limite de réponse le 24 juin 2004. Un rapport final est attendu fin 2004.

Ministère de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (DEFRA) ; réponse aux recommandations

Recommendation 61 (Par. 201) : Council considers that slaughter without pre-stunning is unacceptable and that the Government should repeal the current exemption.

Réponse : N’accepte pas. Le gouvernement accepte les conclusions du rapport selon lesquelles il est probable que les animaux (particulièrement le bétail) abattus sans être préalablement étourdis endurent comparativement beaucoup plus de souffrance et de détresse. Nous reconnaissons également que certains groupes religieux au Royaume-Uni sont tenus de ne pas manger de viande provenant d’un animal qui a été étourdi au moment de l’abattage. Si le Royaume-Uni devait interdire l’abattage des animaux qui n’ont pas été préalablement étourdis, ces groupes de personnes devront importer de la viande d’autres pays. Il n’y aurait donc pas d’amélioration de la situation des animaux dans son ensemble. De plus, le gouvernement estime que l’interdiction d’abattage religieux ne serait pas conforme aux dispositions de la loi de 1998 relatives aux Droits de l’Homme qui est application de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Il est cependant clair, au vu des réactions du public à la publication du rapport, que le consommateur et les groupes de défense des animaux sont fortement défavorables à l’abattage sans étourdissement préalable. Nous exprimons donc notre inquiétude que la viande provenant d’animaux qui n’ont pas été assommés avant d’être abattus et qui est donc impropre au marché cachère ou halal puisse se retrouver sur le marché de la viande ordinaire et que le consommateur ne soit pas capable d’identifier le type de viande à cette étape de la vente. Le gouvernement souhaiterait que le consommateur et les groupes industriels déterminent si le problème peut être résolu au moyen d’un système volontaire d’étiquetage, tout en gardant à l’esprit qu’un prochain accord européen sur l’étiquetage de la viande en fonction de la méthode d’abattage est peu probable.

Recommendation 62 (par. 203) : Jusqu’à ce que soit levée la dérogation permettant d’abattre des animaux sans les assommer préalablement, le Conseil recommande que tous les animaux qui n’ont pas été assommés avant d’être abattus soient assommés immédiatement après avoir été égorgés.

Réponse : Partiellement acceptée. Le gouvernement reconnaît le mérite de cette recommandation pour le bétail, mais pas pour le mouton, car on suppose que le mouton perd connaissance dans les 5 à 10 secondes. Nous sommes cependant conscients que certains groupes religieux s’opposent probablement à cela et souhaiterions faire avancer la question dans une démarche volontaire.

David Voas

D 10 mars 2016    ADavid Voas AIngrid Storm ASiobhan McAndrew

CNRS Unistra Dres Gsrl

Suivez nous :
© 2002-2019 eurel - Contact