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L’orthodoxie

La présence orthodoxe au Portugal est à la fois récente et modeste. L’apparition de l’Église orthodoxe au Portugal est antérieure à la vague d’immigration en provenance d’Europe de l’Est qui a débuté dans les années 1990. En effet, déjà dans les années 1970, un moine augustin portugais (Gabriel João da Rocha) s’était converti au christianisme orthodoxe lors d’un séjour à Paris. De retour au Portugal, il a commencé à organiser en 1976 des célébrations à Lisbonne. D’un point de vue canonique, cette branche portugaise de l’Église orthodoxe, dirigée par Gabriel, appartenait à l’Église orthodoxe de Pologne. La maladie de Gabriel, évêque depuis 1978, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, suscita une période très controversée au cours de laquelle la plupart des fidèles et des prêtres ont quitté l’Eglise. Appelée Igreja ortodoxa de Portugal - Église orthodoxe (catholique) du Portugal, cette Église, qui a pratiquement disparu, a fini par perdre le soutien de l’Église orthodoxe en Pologne et ce qui en reste n’a aucune reconnaissance canonique. Elle a cependant une branche au Brésil. Quelques familles d’origine grecque étaient également déjà présentes au Portugal dès les années 1970. Ces considérations sur les débuts du christianisme orthodoxe au Portugal expliquent l’existence d’orthodoxes dès les recensements de 1981, à une date antérieure au flux d’immigration d’Europe de l’Est.
Le nombre total d’orthodoxes au Portugal est aujourd’hui estimé entre 55 000 et 65 000. Bien qu’ils ne représentent, lors du dernier recensement de 2011, qu’environ 0,6 % de la population, leur évolution quantitative depuis 2001 a montré un taux de croissance de quelque 580 %.
Les Églises orthodoxes présentes au Portugal appartiennent au patriarcat de Constantinople ou de Moscou, il existe également les Églises de Roumanie et de Bulgarie et l’Église orthodoxe d’Ukraine - patriarcat de Kiev. Malgré l’existence d’une communauté appartenant au patriarcat de leur patrie, la grande majorité des Ukrainiens assistent aux services dans le patriarcat de Constantinople, avec les Biélorusses, les Moldaves et les Russes. La migration des Européens de l’Est vers le Portugal est un exemple de phénomène de transnationalisation qui renforce l’ethnicité et le traditionalisme religieux.
Une enquête de 2007 montre qu’il y avait à cette époque 17 lieux de culte orthodoxes, la plupart appartenant au patriarcat de Constantinople, répartis dans 9 villes mais avec une représentation plus grande dans la zone métropolitaine de Lisbonne. Certaines de ces Églises sont desservies par des prêtres qui y résident ou qui viennent d’Espagne. L’Espagne compte également trois évêques (un grec, un russe et un roumain) qui ont juridiction sur les orthodoxes dans toute la péninsule ibérique.

Références :
FERRO, M. (2005), “L’orthodoxie au Portugal”, in C. CHAILLOT (dir.), Histoire de l’Église orthodoxe en Europe occidentale au 20e siècle. Paris : Dialogue entre orthodoxes, p. 97-103.
VILAÇA, Helena (2008), Imigração, etnicidades e religião : o papel das comunidades religiosas na integração dos imigrantes da Europa de leste. Lisboa : Observatório da Imigração (OI) e Alto Comissariado para a Imigração e o Diálogo Intercultural.

D 1er mai 2020    AHelena Vilaça ASerge Model

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