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La position des groupes religieux face à l’introduction de l’éducation sexuelle à l’école

Une loi introduisant le caractère obligatoire des programmes d’éducation sexuelle dans les unités scolaires est entrée en vigueur le 3 avril 2020. La Loi no. 45/3 d’avril 2020, qui modifie et complète la loi no. 272/2004 sur la protection et la promotion des droits de l’enfant, prévoit "l’organisation systématique dans les unités scolaires, au moins une fois par semestre, de programmes d’éducation pour la vie, y compris d’éducation sexuelle pour les enfants, afin de prévenir le contact des maladies sexuellement transmissibles et la grossesse des mineures".
L’utilité ou la pertinence d’une telle loi a été débattue à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie. L’adoption de cette mesure a finalement eu lieu sous la pression d’une partie de la société civile, mais aussi en raison de la proactivité des autorités étatiques réglementant ce domaine (voir la position du président du Conseil national de lutte contre la discrimination), dans un contexte de statistiques alarmantes sur l’augmentation du nombre de naissances ou d’avortements concernant des mineures. La Roumanie a un des plus hauts taux d’avortement parmi les adolescentes, mais également le plus grand nombre de mères adolescentes dans toute l’Union européenne.
Certaines voix de la société civile, comme celles des groupes religieux, s’opposaient à l’entrée en vigueur d’un tel règlement. Même après que la loi est entrée en vigueur, l’Église orthodoxe roumaine a publié un communiqué de presse par lequel elle plaide pour le caractère optionnel de ces programmes. En ce sens, sur la base de l’interprétation de la Constitution et de la Loi d’enseignement, il est avancé que l’État n’a pas le droit d’imposer un modèle idéologique dans l’éducation des enfants qui puisse ignorer le consentement et les croyances des parents. Il est également affirmé que le but principal de l’éducation des enfants est de former les compétences nécessaires à l’épanouissement et au développement personnel en fonction des intérêts et des aspirations de chacun, et non de d’instiller dans l’esprit des élèves des idéologies nuisibles. Le communiqué affirme que "l’inclusion obligatoire des élèves dans les programmes d’éducation sexuelle est une attaque contre l’innocence des enfants, entravant leur développement naturel et les marquant à vie".
Le communiqué cite des études menées dans d’autres pays qui ont déjà introduit des cours d’éducation sexuelle dans les écoles, ce qui aurait montré "qu’une telle approche de l’éducation des enfants a abouti à un début de vie sexuelle plus tôt, avec les implications nécessaires, sans aucune amélioration sociale". Il est également souligné que l’éducation offerte aux jeunes pour relever les défis de la société d’aujourd’hui doit au moins informer que la vie a aussi une dimension spirituelle, et que "l’identité et la vie de la personne humaine ne s’épuisent pas dans une réalité exclusivement biologique ou socioculturelle".

D 4 mai 2020    AGabriel Birsan

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